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Geluck dans de nouvelles bulles


scott geluck Non, ce n’est pas pour vous parler du Chat que je consacre ce billet à son créateur – même si vient de sortir un nouveau best-of du célèbre félidé, Le Top du Chat – mais pour vous conseiller la lecture d’Alerte sur Fangataufa, le premier tome d’une nouvelle série BD dont il signe le scénario, Les aventures de Scott Leblanc (Casterman). Ce qui frappe d’emblée, avant même de plonger dans l’histoire elle-même, c’est le dessin très «Ligne claire» de Devig (Christophe de Viguerie). Une ligne claire extrêmement dépouillée, comme celle d’Hergé mais plus encore celle de ceux qu’il a inspirés, Joost Swarte (inventeur du terme, je crois), Ted Benoît ou Yves Chaland, et dont l’apparente simplicité et la franche lisibilité conviennent parfaitement à l’histoire racontée, riche d’un humour évidemment décalé.
Le héros, Scott Leblanc, est un journaliste aussi immature qu’incompétent, désarmant de naïveté mais aussi de gentillesse. La seule chose qui l’intéresse, se sont les animaux des stars, et lui-même se promène d’ailleurs avec un canari en cage. Dès lors, lorsque son inconscient rédacteur en chef l’envoie rencontrer un scientifique cité pour le Nobel, Scott lui demande de lui parler de son chat. Et quand le labo explose, il s’inquiète des éventuelles souris et se demande comment continuer l’interview. C’est pourtant le début d’une vraie enquête qui emporte les deux hommes en Angleterre puis en Polynésie afin d’empêcher que les différentes parties d’un mystérieux rayon Zéta, découvert pendant la Deuxième Guerre mondiale, tombent entre de mauvaises mains. C’est très bien fait, bourré de clins d’œil visuels à Tintin (jusqu’à donner un aspect toilé au dos de l’album) et vraiment drôle, le scénariste sachant doser le sérieux et l’absurde (les réparties du journaliste sont tout à fait excellentes). Passage amplement réussi, donc, pour Philippe Geluck.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…