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Génération pov’con


Etait-ce l’approche des fêtes, était-ce le froid qui faisait ressortir les visages de la misère contre laquelle, malgré les promesses, on faisait si peu ? Il fallait rire, les Français voulaient de la légèreté, du guignol, se payer un petit jeu de massacre sans conséquence (sans faire couler le sang, on était pas des Italiens, quand même !).
Ce qui en donna l’occasion ? Un pov’ clip de vieux c’est à dire de faux jeunes ringards et bien pensants de l’UMP, mal mixé, mal réalisé, bidon, bizarre, pas méchant, pire, dégoulinant dont personne n’aurait entendu parler si des ministres en poste n’en avaient été les héros très consentants, très cons, s’entend.
On les y voyait mimer la chanson « Tout ceux qui veulent changer le monde » d’après Plamondon, dans une chorégraphie pitoyable : Darcos qu’on croyait responsable, Rama Yade qu’on croyait rebelle et maline, Lagarde qu’on croyait professionnelle, Woerth qu’on créditait d’un avenir, et quelques autres y figuraient. Tout le monde en parla, tout le monde commenta, tout le monde se gaussa. Les jeunes UMP étaient très cons très contents ! ils avaient réussi leur coup. La preuve, Lefebvre qui avait aussi participé, était venu expliquer devant le tollé, qu’il fallait comprendre le « second degré ». Venant de quelqu’un qui maniait l’humour comme une pioche, l’argument ne porta guère. Il est vrai que pour l’opposition, cette oeuvrette contenait une bonne nouvelle : à la veille des régionales, la « droite la plus bête du monde » était revenue. Et rajeunie !
Mais ce que ne remarquèrent pas même les plus indignés, c’était la malhonnêteté qui aurait, sinon, manqué à ce festival de bêtise : dans un passage subliminal, on voyait Sarkozy (qu’on n’avait quand même pas obligé à faire semblant de chanter) en compagnie d’un Obama qui semblait amical et complice. Ça, c’était bien nul, bien glauque, bien minable : le petit coq qui enrôlait le grand Barack malgré lui.
Heureusement les faits se suffisaient à eux-mêmes. Pendant que les Français faisaient dans le patronage, Barack Obama faisait un très grand discours en recevant le Nobel de la paix, lui, président en guerre. « Vos majestés (…), citoyens des Etats unis, citoyens du monde (…), je suis le responsable du déploiement de milliers de jeunes Américains sur un champ de bataille lointain. Certains d’entre eux vont tuer, certains vont être tués. » Hauteur de vue, noblesse, grandeur, douleur, compassion pour les ennemis avant celle due à ses propres soldats. On ne saurait trop recommander de se passer l’intégralité de ce discours en boucle, plutôt que le misérable clip des dignes zélateurs de notre président à nous, la génération pov’con.
Il est vrai qu’Obama, pour les crétins obsédés par l’identité française, c’était un étranger. C’est vrai aussi qu’il portait une arme dangereuse, un truc bizarre au goût venu d’ailleurs : la pensée. Pardon pour le gros mot.
De toute façon, si Obama avait accepté de figurer dans la vidéo, ça se serait vu tout de suite: lui, en plus, il danse bien.
Jusqu’à mardi prochain.

PS : pour rire, visionner ce sommet du ridicule qu’est le « lipdub » de l’UMP.

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Réagissez

    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.

    • Il faut

      Si, comme il l’a confié en Guyane, Nicolas Sarkozy envisage « la fin de sa carrière », et ainsi sa défaite à la Présidentielle de 2012, il sera facile de deviner ce qu’il dirait lors de ses adieux : à savoir que ce n’est pas sa faute si les français sont si allergiques aux réformes – bref, qu’ils ne le méritaient pas ! Et de conclure : « Je vous quitte, car maintenant, il faut que je me fasse de l’argent… »