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Grand Pardon


On a cru longtemps que le clonetje de Nicolas Sarkozy en Belgique s’appelait Didjé Reynders. Mais, depuis que son ami Nicolas a coulé à pic dans les sondages, le grand bleu a pris prudemment ses distances avec lui. Et on découvre avec surprise que le président français a trouvé un nouvel émule dans notre pays, inattendu, monseigneur Léonard.
Depuis le ravalement de façade du parti de Joëlle Milquet et l’oubli de la référence chrétienne au fronton de sa petite mais coquette boutique, l’archevêque de Malines-Bruxelles ne savait plus à quel sein se vouer. Il a choisi celui de Sarkozy.
Oui, rappelez-vous ce que proclamait le petit Nicolas : jamais je ne demanderai pardon. Pour rien ! Quoi que je fasse ou qu’ait fait la France en métropole ou en Afrique. La pénitence, c’est fi-ni !  
L’évêque de Cloyne, secrétaire de trois papes, s’était publiquement repenti de la gestion des faits de pédophilie dans son diocèse irlandais et il avait renoncé à sa charge. Le pape Jean Paul 2 a demandé pardon pour bien des méfaits de l’église, l’Inquisition, l’antisémitisme et beaucoup d’autres dont on ne savait pas qu’elle en était responsable. Même Benoit XVI a présenté ses excuses pour les crimes pédophiles lors d’une messe sur la place Saint Pierre en juin dernier – avant que le scandale belge ne soit connu.  
Avec monseigneur Léonard, changement de cap, révolution copernicienne. L’église de Belgique fait sécession – c’est à la mode chez nous. La politique de Rome n’est plus en odeur de sainteté à Bruxelles-Malines. Désormais, c’est Sarkozy le guide suprême. La pénitence, c’est fin-ni !
Le président français a compris que demander pardon, c’est reconnaître une faute, transformer le statut de plaignant en celui de victime. Avec pour conséquence l’obligation de les indemniser. L’église américaine en sait quelque chose qui, paraît-il, n’aurait plus que ses yeux pour pleurer vu le nombre de pédophiles qui hantaient ses rangs.  
Certes, l’église belge est plus à l’aise : tant que le pays n’est pas scindé, elle dépend du contribuable. Mais il faudra un gros effort de communication pour que le citoyen considère comme un devoir civique de couvrir par ses impôts (ou une contribution spéciale de crise ?) les dommages et intérêts dus aux victimes des curés pédophiles alors qu’un chèque de vingt cinq milliards va arriver à échéance un de ces jours et que plus personne ne semble avoir envie de gérer les affaires de notre état.
Reste à l’église à revenir à ses origines : la religion juive fête aujourd’hui le jour du grand pardon (Yom Kippour), on efface toutes les fautes de l’année précédente et on repart à zéro.  Mais cela suppose hélas qu’on éprouve une sincère repentance, c’est-à-dire qu’on avoue ses mauvaises actions et qu’on les regrette.

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Réagissez

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…

    • Il faut

      Après avoir soufflé un grand coup en direction de Paris dimanche soir, il faudra à nouveau retenir sa respiration, cette fois pour une durée indéterminée, auvu du résultat des législatives en Grèce. Les deux partis (Pasok et Nouvelle Démocratie) qui ont approuvé les ukases de la Troika ont perdu, au bénéfice de partis (de la Gauche radicale aux néo-nazis) condamnant les mesures d’austérité sur les salaires et les retraites. L’UE, comme prévu, menace de ne plus verser l’aide promise : et pourtant, dans un sens comme dans l’autre, ce n’est pas un retour à la case zéro…