Facebook

Histoires de solitude


9782221112960 Personne n’avait beaucoup de respect pour le Labor Leader. Ne voyez pas dans cette phrase une allusion politique quelconque, puisqu’elle ouvre une des plus belles nouvelles du recueil de Richard Yates, Onze histoires de solitude. Considéré aux Etats-Unis comme un des grands romanciers des années 50 et 60, il a enfin acquis une certaine notoriété chez nous grâce au beau film, Les Noces rebelles, que Sam Mendès a tiré de son roman (également réédité) La Fenêtre panoramique.
Les onze nouvelles du recueil explorent la middle classe américaine de l’époque. Les incompris, les malchanceux, ceux dont la vie n’a pas tourné comme ils en rêvaient. Malgré ce thème, la plume de Yates, vive et enlevée, coupe tout effet sinistre. L’auteur rend compte avec tendresse et lucidité des fêlures de ses personnages, hissant au premier rang l’art de dire les choses par l’effleurement. Que ce soit à l’école, dans l’armée ou dans le huis clos du couple, Yates s’interroge sur la solitude et le rejet. Il procède avec détachement mettant en relief des personnages singuliers dans un contexte particulier sans tirer aucune leçon. Onze histoires douces amères, onze pans de vie teintés de regrets ou d’amertume, onze récits qui atteignent l’essence des êtres.

Onze histoires de solitude, Richard Yates, traduit de l’américain par Jean Rosenthal, Robert Laffont, Pavillons poche, 364 p.

Réagissez

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…

    • Il faut

      Après avoir soufflé un grand coup en direction de Paris dimanche soir, il faudra à nouveau retenir sa respiration, cette fois pour une durée indéterminée, auvu du résultat des législatives en Grèce. Les deux partis (Pasok et Nouvelle Démocratie) qui ont approuvé les ukases de la Troika ont perdu, au bénéfice de partis (de la Gauche radicale aux néo-nazis) condamnant les mesures d’austérité sur les salaires et les retraites. L’UE, comme prévu, menace de ne plus verser l’aide promise : et pourtant, dans un sens comme dans l’autre, ce n’est pas un retour à la case zéro…