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Hollande, entre le rêve et la crise


En retard d’une primaire qu’elle a complètement sous-estimée, la droite française se déchaîne donc contre François Hollande : attaques personnelles grossières à la limite de la haine, caricatures grotesques du programme socialiste, tout est bon pour tenter de discréditer le candidat. La hargne de l’UMP est sans doute proportionnelle à la menace que représente François Hollande. Tout ou presque a été dit, ces dernières semaines, sur la personnalité du maire de Tulle, sur ses qualités et ses faiblesses et on y reviendra encore tout au long de l’épreuve que constitue une campagne présidentielle. Mais il est incontestable que le candidat désigné haut la main par la primaire est le mieux placé pour battre Nicolas Sarkozy. Meilleur rassembleur de son propre camp pour le premier tour, il est aussi en situation d’attirer une partie de l’électorat centriste au second. On le sait depuis toujours, c’est la condition sine qua non pour l’élection d’un président de gauche dans ce « vieux pays de droite » comme le qualifiait François Mitterrand qui était expert en la matière. Mais avant cela il faut évidemment que François Hollande réussisse sa campagne et qu’il éclaircisse quelques aspects fondamentaux de ses propositions économiques et sociales face à la crise dont on ne peut douter qu’elle s’aggravera encore d’ici l’échéance électorale. Jamais une élection présidentielle ne se sera déroulée dans un tel contexte. Il y avait bien eu la première crise pétrolière qui avait présidé à en 1974 à la victoire de Giscard et celle du début des années 80, lors du premier septennat mitterrandien. Aujourd’hui on sait que la crise est d’une autre nature, ses dégâts sociaux sans commune mesure et que c’est l’essence même du système qui est en cause. François Hollande qui a fait preuve, dans certaines déclarations, d’une orthodoxie financière de teinte plutôt libérale a corrigé le tir – rassemblement oblige- et ses partisans affirment aujourd’hui que la lutte contre les déficits doit être calibrée pour ne pas être un handicap pour la croissance. Reste à la fois à préciser l’importance du calibre et la nature de la croissance. A la question qui supportera les efforts budgétaires, Hollande a répondu dès le début de sa campagne par des propositions fiscales claires et nettes dans le sens d’une plus grande progressivité et d’une meilleure redistribution. Aux antipodes de la politique sarkozienne dont les cadeaux fiscaux ont contribué à creuser les déficits et à augmenter les inégalités d’une façon criante. De ce point vue, le candidat du PS est sans ambiguïtés. Ce n’est pas rien mais ne n’est pas suffisant pour réenchanter le rêve…et affronter la réalité.

Réagissez

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…

    • Il faut

      Après avoir soufflé un grand coup en direction de Paris dimanche soir, il faudra à nouveau retenir sa respiration, cette fois pour une durée indéterminée, auvu du résultat des législatives en Grèce. Les deux partis (Pasok et Nouvelle Démocratie) qui ont approuvé les ukases de la Troika ont perdu, au bénéfice de partis (de la Gauche radicale aux néo-nazis) condamnant les mesures d’austérité sur les salaires et les retraites. L’UE, comme prévu, menace de ne plus verser l’aide promise : et pourtant, dans un sens comme dans l’autre, ce n’est pas un retour à la case zéro…