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Intimité et intelligence


9782020988018 Il est difficile de résumer en quelques phrases les 21 récits du livre de Daniel Karlin tant le propos est dense et varié. Réalisateur pendant plus de trente ans d’émissions sur la folie, l’hôpital, l’inceste, l’autisme ou la prison dont les fameux La raison du plus fou (1970), Justice en France (1991), Des enfants abusés (2000) et le controversé Et si on parlait d’amour (2002) – qui l’a d’ailleurs décidé à arrêter la réalisation audiovisuelle -, Daniel Karlin revient sur son parcours de documentariste et sur les rencontres qui l’ont émaillé. Il s’attache à des figures aussi diverses que celle de Broussilovski, un ancien camarade du PCF dont il décrit l’itinéraire. Il revient sur l’affaire Jean Michel Di Falco, évêque auxiliaire de Paris accusé en 2002 de pédophilie, dont il dénonce entre autres l’ignominieuse mauvaise foi. Communiste convaincu, Daniel Karlin retrace avec amertume un voyage au Vietnam en 1979. Il reconnaît la faillite de la politique des dirigeants communistes vietnamiens et l’oppression policière qui règne à l’époque dans la ville d’Hô Chi Minh.
À côté de la grande histoire, Daniel Karlin dresse aussi des portraits intimistes comme celui d’un jeune ami myopathe qui, après avoir cruellement échoué à s’imposer comme psychothérapeute, mourra trois mois plus tard. Dans Le ballon vert, nouvelle éponyme qui ouvre le recueil, l’auteur épingle la rigidité de certaines institutions à travers le récit d’un jeune enfant sourd considéré comme « débile » par le centre où il s’étiole alors qu’il se révèlera finalement vif et curieux de tout. Dans une autre de ses nouvelles, Karlin s’intéresse au délicat sujet de l’inceste osant poser la question de l’absence intrinsèque du sentiment de culpabilité chez la majorité des abuseurs.
Les textes de Karlin sont marqués par une grande indépendance d’esprit et une sensibilité engagée. Grande gueule au cœur tendre, il remet quelques pendules à l’heure. Mais, au-delà de ses coups de pied dans la fourmilière, on le sent animé d’un profond besoin de traquer l’humain derrière les apparences, même chez le pire criminel. Beaucoup d’intimité et d’intelligence dans ce livre, à la fois essai sociologique et texte littéraire, estampillé par cette phrase : Nous cherchions du sens partout où nos pas nous conduisaient.
Le ballon vert et autres nouvelles d’un monde à l’envers, Daniel Karlin, Seuil, 240 p.

Réagissez

    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.

    • Il faut

      Si, comme il l’a confié en Guyane, Nicolas Sarkozy envisage « la fin de sa carrière », et ainsi sa défaite à la Présidentielle de 2012, il sera facile de deviner ce qu’il dirait lors de ses adieux : à savoir que ce n’est pas sa faute si les français sont si allergiques aux réformes – bref, qu’ils ne le méritaient pas ! Et de conclure : « Je vous quitte, car maintenant, il faut que je me fasse de l’argent… »