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Inutile, vive la révolution


© P. Pellizzari, Maroc, février 2011

Comme photographe, j’ai souvent été en Afrique du Nord. Sans vouloir faire le malin, il était prévisible, nous en parlions, que vu la proportion de jeunes sans espoir de trouver un sens à leur vie et un rôle dans la société, les pays du du Nord de l’Afrique auraient des problèmes. Nous pensions à la pression migratoire sur l’Europe, moins à une révolution.

La révolution donne de l’espoir, ouvre des moyens d’expression; mais elle ne résout pas le problème de fond.
Quand mon fils a terminé ses études, il lui a fallu quelques mois, quelques stages non rémunérés, son réseau social, pour trouver un premier travail. Alors que le temps avançait durant sa recherche, la violence, la colère, l’angoisse, la perte de confiance grandissaient. Imaginez alors la colère des jeunes d’Afrique…
Je ne l’avais pas préparé à cela. Je ne l’avais pas préparé à changer de paradigme. Nous lui avions appris à comprendre des systèmes existants pour résoudre des situations dans un cadre donné, pas de changer de cadre. Alors quoi ? Enseigner à nouveau les sciences politiques ? l’anthropologie ? instaurer un service civil universel ? En tous les cas, repenser l’utilité de chacun dans la société et autrement que par l’argument de la croissance économique.

Réagissez

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…