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Israël : le debriefing du soldat Aviv


Extrait de la déclaration d’un soldat israélien ayant participé à la guerre de Gaza. Le soldat Aviv parle : « Un de nos officiers a vu une personne s’avancer sur la route, une femme, une vieille femme. Elle était à une certaine distance mais quand même assez proche pour être vue. Si elle était suspecte ou non, je ne sais pas, dit le soldat. Au bout du compte, il a envoyé des hommes sur le toit pour qu’ils la tuent ».

Question de l’officier responsable du débriefing : « Pourquoi l’a-t-il tuée ? »

Le soldat Aviv répond : « C’est ce qui est apparemment si plaisant à Gaza : vous voyez quelqu’un suivre son chemin sur une route. Il n’a pas besoin d’avoir une arme ; vous n’avez pas de soin de l’identifier, vous pouvez tout simplement lui tirer dessus ».

Vous avez bien entendu et l’homme qui parle n’est pas un terroriste d’une organisation hors la loi internationale, comme le Hamas mais un soldat de « l’armée la plus morale du monde » comme la qualifie le ministre israélien de la défense. Ce n’est pas un témoignage unique. Un autre soldat raconte comment ils ont abattu une femme et ses deux enfants qui ne prenaient pas la bonne route en quittant la maison dont ils étaient chassés. Une enquête officielle est en cours, dit-on. Mais il y a aussi le rapport de l’organisation israélienne « Médecins pour les Droits de l’Homme » qui confirme que Tsahal a non seulement bombardé des installations médicales mais a à plusieurs reprises visé les ambulances et les urgentistes locaux pour les empêcher d’accéder aux civils blessés et de les évacuer.

Danny Zamir, le directeur de l’Académie militaire Yitzhak Rabin qui a organisé le debriefing de soldats ayant participé à la guerre de Gaza a expliqué le sens de la publication de ces déclarations : il s’agit, dit-il, d’une guerre qui fera date car elle a posé de nouvelles limites pour le code moral de l’armée et celui de l’Etat d’Israël. En fait, à la lecture de ces témoignages on est enclin à penser que les limites n’existent plus et qu’entre terrorisme d’état et crime de guerre, vous choisirez vous-même le mot qui convient. En attendant, en Israël, les travaillistes ont accepté d’être la roue de secours d’un gouvernement partagé entre la droite radicale et l’extrême droite

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…