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Italie : un jour sans immigrés


Tout est parti d’un roman qui sort aujourd’hui même en Italie. Un roman de Vladimiro Polchi, écrivain et journaliste au quotidien « La Repubblica » : « Blacks out – les Noirs dehors – un jour sans immigrés ». Ce livre nous fait vivre la chronique d’une journée durant laquelle les Italiens stupéfaits découvrent que les immigrés ne se sont pas présentés au travail. Ils mesurent alors l’importance que ce travail représente pour l’économie et la société italienne. Des usines et des chantiers paralysés, des commerces fermés, les champs à l’abandon, les vieux privés de leur infirmière ou de leur dame de compagnie, sans compter les églises sans prêtres. Pour la préparation de ce livre, Vladimiro Polchi a longuement rencontré des associations d’immigrés, les syndicats, des organisations caritatives et des groupes culturels. Et de ces rencontres est né un large comité qui a décidé de passer de la fiction littéraire à la réalité. Pour ce faire, le comité a décrété que le 20 mars prochain serait un jour sans immigrés. Après les incidents dramatiques de Rosarno en Calabre qui se sont terminés en chasse à l’homme, un autre comité a vu le jour qui propose lui aussi une journée sans immigrés. Ces initiatives vont se coordonner. Ce serait la première fois, en Italie, que les immigrés clandestins participeraient à une organisation collective. Ceux qui, en Calabre, ont été chassés de Rosarno vivent et travaillent dans des conditions inimaginables. Pour la cueillette des oranges, ils sont payés 20 € pour des journées de 12 à 14 heures de travail. Et ils doivent encore reverser 5 € aux intermédiaires qui les engagent au jour le jour dans une région largement contrôlée par la mafia. Dans le Nord Est, au pays florissant des petites et moyennes entreprises, les immigrés – qu’ils soient réguliers ou clandestins – sont devenus une main d’œuvre indispensable. Cela n’a pas empêché les partis de droite, Ligue du Nord en particulier, de cultiver peur, haine et racisme qui ont d’ailleurs été très rentables sur le plan électoral. Sans doute aussi parce que d’une manière générale l’Italie n’a pas pris conscience et mesure de ce que pays d’émigration, elle était définitivement devenue pays d’immigration avec ce que cela suppose de transformations sociales et sociétales. La journée sans immigrés aura en tous cas de sérieuses vertus pédagogiques.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…