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Italie : une démocratie pervertie ?


Il y a un peu plus d’un an prenaient vie, sur Blog à Part, les Nouvelles d’Italie. Au détour d’un échange d’articles, de considérations diverses sur la situation politique italienne,  je venais en effet de proposer à Giuseppe Santoliquido de rejoindre notre équipe de chroniqueurs.

Le point de départ de notre collaboration se fonda sur un constat : le concept de « démocratie » semblait recueillir en Europe, dans le monde occidental de manière générale, un consensus très vaste. Un consensus qui portait cependant sur une acception essentiellement formelle du terme.

Mais pour être pleinement démocratique, au service de la souveraineté populaire, la démocratie ne devait-elle pas, ne doit-elle pas aussi être entendue sous l’angle de sa légitimé substantielle ? Savoir qui gouverne, en vertu de quels modes de désignation, si le pouvoir est exercé selon les formes et les modalités prévues par la Loi – ces questions, aussi fondamentales soient-elles, ne peuvent, à elles seules, suffire à appréhender pleinement la nature d’un régime politique.

Dès lors, de ce point de vue, pouvions-nous considérer que le gouvernement italien dirigé par Silvio Berlusconi était pleinement démocratique ? Ne fallait-il pas également envisager le mode de gouvernement, ainsi que le but poursuivi par ce pouvoir ?

C’est ainsi qu’est né le projet d’une analyse hebdomadaire de l’actualité politique transalpine, la mise en perspective de celle-ci au regard de l’enracinement démocratique du pouvoir berlusconien.  Sa mainmise sur la plupart des canaux d’information, sur la quasi-totalité des télévisions privées et publiques n’avait-t-elle pas vocation, à moyen et à long terme, à décitoyenniser cette l’opinion publique ? N’était-on pas en présence d’une forme de populisme plébiscitaire, démagogique, télécratique ?

Le fruit de ce travail mené semaine après semaine par Giuseppe Santoliquido, vous avez pu le découvrir dans un premier temps, chaque mercredi, sur Blog à part. Mais ce n’était que la première partie de notre objectif. La seconde, menée dans le cadre du projet éditorial d’Edern éditions, voit à présent le jour sous la forme d’un ouvrage tirés de l’ensemble des chroniques.

On y affronte les rapports du gouvernement avec la mafia et l’affairisme. On y analyse le duel avec Gianfranco Fini, qui a tenu le pays en haleine durant plus d’un an. Mais aussi les démêlés judiciaires du premier ministre italien, ses liens avec d’anciens meneurs d’extrême droite, ses propos antisémites, ses scandales érotico-politiques, ses rapports avec les mouvements sociétaux de résistance, son goût pour la chansonnette.

Fidèles à notre propos de départ, l’ouvrage, agrémenté de constantes mises en perspectives historiques, a donc été construit pour faire en sorte que le lecteur puisse poursuivre sa réflexion sur le caractère pleinement démocratique du gouvernement italien. Et, de manière plus large, qu’il puisse s’interroger sur le fait de savoir si, pour paraphraser Thoreau, la forme de gouvernement démocratique telle que nous la connaissons aujourd’hui doit être considérée comme la dernière amélioration possible à un gouvernement.

Italie : une démocratie pervertie ? est, j’en suis convaincu, un ouvrage salutaire, qui permettra au plus grand public de mieux comprendre le contexte dans lequel se jouent les procès de Silvio Berlusconi à la lumière des événements qui se sont déroulés sur la scène politique italienne dans les cinquante dernières années.

C’est pourquoi je vous en recommande la lecture.

La page FaceBook du livre.

Pour le commander.

Une réaction sur “Italie : une démocratie pervertie ?”

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    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…