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Jef Neve et Patricia Barber


Offrez-vous l’extra ordinaire avec Nobody is illegal par le Jef neve Trio et Mythologies de Patricia Barber.

Patricia Barber et Jef Neve, deux noms, deux personnalités, deux univers, deux maîtres et deux artistes entiers, et surtout deux folies musicales à découvrir, pour mesurer combien l’ordinaire est fade quand l’extra-ordinaire est à portée d’oreilles.

Patricia Barber, l’américaine, la pianiste de bar de Chicago, la voix grave et étrange, le geste déterminé et appuyé sur le clavier. Un album “Mythologies”, un de ses meilleurs sans aucun doute, suite ininterrompue de ballades et de complaintes, de pièces asymétriques et colorées, d’explosion atomique de batteries, de basse électrique et toujours cette voix faisant littéralement l’amour avec le piano.

Mythologies pour se laisser tenter par la poésie et le talent de cette grande dame de la scène internationale du jazz.

En enregistrant “Nobody is illegal”, Jef Neve, le plus européen des pianistes belges, celui qui avait déjà tout d’un grand il y a encore deux albums, a définitivement accédé au cénacle des compositeurs et des artistes de renommée et de classe mondiale.

Un style et une écriture totalement personnels, de superbes morceaux teintés de finesse et de sensualité, laissant de façon intermittente la place aux compositions orgasmiques, dans lesquelles l’artiste semble exceller, de cet orgasme qui prend la tête, qui laisse les émotions sens dessus dessous et qui conduit vers une seule et unique envie, celle de crier encore et encore dans les dernières notes du morceau avec les cuivres et les musiciens.

Un bouquet final de feux d’artifices, une énergie croissante développée par le talentueux Jef, et ses complices, le batteur Teun Verbruggen et le bassiste Piet Verbist. Nobody is illegal, un pas de plus pour Jef Neve et une étape supplémentaire vers la notoriété pour un artiste généreux, inventif, perspicace, audacieux, et tout simplement hors norme.

Deux enregistrements détonants pour vivre tout simplement autre chose, pour découvrir, aimer et vibrer et se laisser aller, l’espace d’un album, à se croire aussi extra ordinaire.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…