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J'irai cracher sur vos tombes


Tous les media célèbrent en chœur cette semaine le génie de Boris Vian. N’en jetez plus ! De son vivant, il n’était connu que d’un cercle d’amateurs et son seul succès de librairie, « J’irai cracher sur vos tombes », était un canular pastichant la série noire, publié par un éditeur confidentiel qui l’avait lancé comme un roman américain. Et le voilà bientôt dans la Pléiade, où Gallimard publiera, cinquante ans après sa mort, les romans refusés de son vivant…

Paraphrasant le général Custer, un bon auteur est un auteur mort. Pour beaucoup de folliculaires, il faut un anniversaire pour découvrir le talent. Françoise Sagan, si contestée jadis par les critiques littéraires sérieux, est devenue « la » grande dame des lettres françaises depuis qu’elle a passé la larme à gauche. Simenon, traité de « romancier de gare », a dû lui aussi attendre la mort pour entrer dans la Pléiade et le programme scolaire.

Dire que le mois dernier le plus grand auteur britannique vivant, Jonathan Coe était à Bruxelles à l’invitation de la Maison des Littératures Passa Porta et de la Cinémathèque. A part Focus-Le Vif, les medias francophones n’ont pas trouvé utile de le rencontrer (à la différence de leurs confrères flamands) et la RTBF qui, en d’autres temps, aurait enregistré un entretien, préfère désormais se flatter de produire les travaux de Justine Hennin.

Ce culte des auteurs morts prend parfois des allures franchement glauques, telles ces célébrations rituelles de Céline et de Drieu La Rochelle, ces salauds qui fascinent tant la presse de gauche.

Pour les vacances, fuyez les snobs qui vous annoncent une fois de plus qu’ils vont « relire Proust et Chateaubriand ». Remplissez vos valises d’auteurs vivants ! Au hasard des parutions récentes, « Ici et maintenant » de Robert Cohen (Ed. Joëlle Losfeld) ou la fascination hilarante et désespérée d’un demi-juif athée pour un couple de juifs orthodoxes. « Océan de Vérités » de Andrea de Carlo (Grasset) évoque l’état de détresse et de danger de la démocratie italienne à travers un récit prenant et poétique qui flirte avec le thriller façon P. Highsmith. Pour ceux qui pratiqueront l’art d’être grand-père sur les plages, un roman minuscule qui troue le cœur, Le remplaçant d’Agnès Desarthe (L’Olivier), hommage éperdu à un grand-père anti-héros venu de Moldavie. Les lecteurs de polars adopteront « La Dame noire » de S. Carter (R.Laffont) qui entraîne ses lecteurs sur les campus américains où une prof noire doit affronter le meurtre d’un de ses collègues dans une ambiance pré-Obama. Et ceux qui, comme moi, choisissent les Pouilles emporteront le dernier V. Engel «La Peur du paradis »(Lattès) dans leur petit baluchon.

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Réagissez

    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.

    • Il faut

      Si, comme il l’a confié en Guyane, Nicolas Sarkozy envisage « la fin de sa carrière », et ainsi sa défaite à la Présidentielle de 2012, il sera facile de deviner ce qu’il dirait lors de ses adieux : à savoir que ce n’est pas sa faute si les français sont si allergiques aux réformes – bref, qu’ils ne le méritaient pas ! Et de conclure : « Je vous quitte, car maintenant, il faut que je me fasse de l’argent… »