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Jungle fever


Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures), d’Apichatpong Weerasethakul.

Les apparitions magiques de sa femme défunte et de son fils disparu depuis des années confirment à Oncle Boonmee que sa fin est proche. Dans son domaine apicole, entouré des siens, il se souvient alors de ses vies antérieures. Accompagné de sa famille, il traverse la jungle jusqu’à une grotte au sommet d’une colline, lieu de naissance de sa première vie. De cette première vie, Oncle Boonmee ne se souvient de rien, s’il était animal ou végétal, homme ou femme ; mais il sait à présent qu’il est prêt à aborder la mort avec apaisement.

Oncle Boonmee est un film qui ne ressemble à aucun autre – si ce n’est aux films précédents du Thailandais fraîchement palmé. Le prix cannois offre une publicité inédite : c’est l’occasion idéale de découvrir le cinéma atypique d’un grand cinéaste, qui semble ici atteindre une certaine plénitude artistique. Il nous entraîne dans une balade filmique à des années lumières des sentiers déjà parcourus. Si l’on accueille ce film avec curiosité et goût de la découverte, le voyage est une expérience fascinante, enrichissante, apaisante.

Si du moins on s’est laissé embarquer, il nous reste après la projection beaucoup d’images en tête, plusieurs scènes de toute beauté. L’évasion du buffle, l’apparition des fantômes, la princesse et le poisson-chat, l’exploration de la grotte, l’hommage appuyé à La Jetée… Weerasethakul, avec une lenteur sereine et jamais ennuyeuse, démontre une maîtrise de « l’image-temps » qui force l’admiration. Oncle Boonmee est donc traversé par plusieurs moments sublimes, mais le tout est supérieur à la somme de ses parties. Les plus cinéphiles apprécieront également à quel point le film séduit par son rapport intime avec le cinéma. Une réserve, tout de même, sur les cinq dernières minutes, où le film perd quelque peu, à force de déconcerter, son pouvoir d’ensorcellement. La fin n’a pas, à mes yeux, le charisme de ce qui a précédé.

La séance ne demeure pas moins merveilleuse. Oncle Boonmee, objet filmique sans décodeur, en laissera certainement sur le carreau. Mais on ne peut que conseiller cette balade pleine de mystères et d’enchantements.

Réagissez

    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.

    • Il faut

      Si, comme il l’a confié en Guyane, Nicolas Sarkozy envisage « la fin de sa carrière », et ainsi sa défaite à la Présidentielle de 2012, il sera facile de deviner ce qu’il dirait lors de ses adieux : à savoir que ce n’est pas sa faute si les français sont si allergiques aux réformes – bref, qu’ils ne le méritaient pas ! Et de conclure : « Je vous quitte, car maintenant, il faut que je me fasse de l’argent… »