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Kris chez saint Obama


Ah ! La tête de ce pauvre Kris Peeters ! Il fait vraiment pitié.
Tout avait pourtant bien commencé. Dès qu’il a appris qu’une mission économique belge se rendait à Washington, notre ministre-président s’est empressé d’annoncer qu’il serait du voyage. Bouleversant son agenda. Annulant sa participation à la foire aux boudins-compote de Puurs, déplaçant sa conférence sur la suppression des impôts pour les patrons flamands après l’indépendance de sa région (un projet d’inspiration grecque). Et il est parti aux Etats-Unis, aussi ému que les immigrants dans le film de Charlot lorsque, du pont de leur bateau, ils aperçoivent pour la première fois la statue de la Liberté.
Le but de Kris n’était évidemment pas de jouer le faire-valoir du prins Filip. Non, Kris avait un rêve, être le premier dirigeant flamand à serrer la pince du président Obama, comme il avait serré celle de Saint Nicolas quand il était petit. La photo immortaliserait pour l’Histoire – et les électeurs de Puurs – le face-à-face entre les deux hommes politiques les plus puissants de la terre.
Mais sur place, quelle douche froide ! Aux yeux des Yankees, le président de la Flandre n’a que rang de gouverneur, ce qui veut dire à peu près technicien de surface.
Les collaborateurs de notre pauvre président ont eu beau expliquer que, chez nous, personne n’est plus puissant que Lui. Même pas le prins Filip. Rien à faire. Pour les Américains, le protocole est aussi sacré et intouchable que la sécurité.
Voilà donc ce pauvre Kris, obligé de poser tout seul sur la photo devant la Maison Blanche comme n’importe quel touriste de l’Iowa avant de croquer son hamburger dans son coin. Pourvu qu’il n’ait pas abusé des frites et des friandises, sinon, au retour, ses électeurs risquent de le confondre avec Bart De Wever.
Mais j’y pense, voilà peut-être une confusion qui lui convient ?
Depuis que son ancien mentor en politique, Yves Leterme, « Mr Cinq Minutes de Courage Politique », a changé de répertoire et abandonné ses slogans nationalistes et anti francophones pour devenir le Flamand préféré du sud du pays, Kris Peeters s’est avisé qu’il pouvait récupérer les restes. Il n’y a pas de petites économies, comme disait toujours son papa. Au fond des armoires de son prédécesseur, il a retrouvé quelques bouts de discours inédits, des formules qui n’avaient pas encore servi et qu’il a un peu rafraîchis. Et hop ! Le tour était joué !
Mais lorsqu’il sera nommé premier ministre, ne vous en faites pas. Il oubliera lui aussi les bêtes phrases qui font 800.000 voix, il deviendra à son tour le chouchou des Wallons. Et il ira enfin chercher son petit cadeau au pied du trône du président Obama.

Une réaction sur “Kris chez saint Obama”

  1. MOORAT dit :

    Je pense que si l’on peut en rire, il faut que les flamands sachent que même dans une stucture confédérale, la Belgique doit conserver un contenu significatif, celui de la représentation auprès des chefs d’états étrangers fait partie des domaines réservés, c’est celui de la politique extérieure et de la défense. Ils ont déjà le commerce et la coopération et mais veulent mettre leur nez dans les exportations de la FN.
    N’oublions pas aussi que les flamands de Bruxelles (55/60000 habitants) représentent à peu près la même population que les « émigrés fiscaux, etc de nationalité française).
    Le bilinguisme individuel des agents des 19 communes, y compris les hôpitaux, etc..ne se justifient plus dans une telle conjoncture, cela coûte cher, quelle serait la réaction de M.Peeters si l’on passait à un régime de facilités à demander à chaque reprise, pour les néerlandophones de Bruxelles?
    Donc si Peeters maintient de fait son approche, nous avons des moyens de rétorsion mais quelle justification encore trouver au maintien de l’état belgique?
    Parce qu’il est évident que la solidarité va tendre vers zéro à courte échéance, il faut s’y préparer sérieusement, le rattachement à la France ne paraît pas la bonne solution, peut-être des accords en matière culturelle, universitaire, mais il y a trop de différences. On s’en rend mieux compte quand on vit quelques années dans l’hexagone…

Réagissez

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…