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La BD en état de guerre (3) : Les cerfs-volants de Kaboul


Les cerfs-volants de Kaboul, Khaled Hosseini, Fabio Celoni et Mirka Andolfo, Belfond, 134 p., 19 €

Le best-seller de l’Afghan Khaled Hosseini, traduit en plus de cinquante langues, dont en français en 2005, et vendu à vingt-trois millions d’exemplaires à travers le monde, est adapté en bande dessinée chez son éditeur français Belfond. L’occasion, pour un nouveau lectorat, de découvrir une très belle et puissante histoire à la fois humaine, sociale et politique.
Dans Kaboul au début des années 1970, Amir et Hassan, tous les deux élevés par leur père, sont deux enfants inséparables. Si le second vouvoie le premier, qui le tutoie, c’est parce qu’il est le fils du serviteur attaché depuis de nombreuses années à sa famille, une famille issue de la minorité Hazaras, alors que la sienne appartient à l’élite pachtoune. Un drame va les séparer, définitivement.
Voilà pour la dimension humaine des Cerfs-volants de Kaboul, sur laquelle se greffe une lecture sociale et politique. D’une part, les Hazaras sont considérés comme des parias par des Afghan qui rêvent d’une nation «pure», racisme dont Hassan va faire douloureusement les frais, et, par ricochet, Amir. D’autre part, à travers l’histoire de ces personnages, nous suivons les différents soubresauts politiques de l’Afghanistan: le renversement de la monarchie et l’instauration d’une république en 1973, l’occupation soviétique (qui entraîne la fuite d’Amir et de son père) quelques années plus tard et enfin, en 1997, l’instauration par les Taliban d’un régime totalitaire et meurtrier (très bien rendu). Quant aux cerfs-volants du titre, ce sont ceux qui égaient le ciel de Kaboul au temps de l’enfance d’Amir et d’Hassan, objets de tournois acharnés entre les enfants, derniers signes d’une époque à jamais révolue.

Réagissez

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…