Facebook

La bibine comédie


NOLLET_Kangourous_pt
On ne boit pas les rats-kangourous, Estelle Nollet, Paris : Albin Michel, 2009. 328 p. 20 €

Voilà un premier roman extraordinaire qui tranche par sa qualité et son originalité dans cette rentrée plutôt médiocre ! Une fable, une parabole. Dans un trou perdu, des hommes et des femmes, tous arrivés là à cause d’une sourde culpabilité, et incapables de quitter ce qui ressemble à l’Enfer de Dante. Leur seule divinité : la (pas dive) bouteille. Bourrés du matin au soir pour tromper l’ennui et l’angoisse. Willie, le narrateur, est le seul à être né là avec Doogie, un simple d’esprit creuseur de trous. Il essaie de comprendre, quand il n’est pas trop saoul. Mais qu’y a-t-il à comprendre ? Et est-il possible de sortir de cet enfer ?
Une histoire touchante, juste, des personnages magnifiques, humains dans leur déchéance, dans leurs bassesses, dans leurs espoirs et leurs recherche du salut. Une manière de dire le macrocosme d’un monde à la dérive et les microcosmes des individus qui s’y débattent, pour le meilleur comme pour le pire.
Si vous n’en lisez qu’un, cette rentrée, que ce soit celui-là…

Une réaction sur “La bibine comédie”

  1. Tout à fait d’accord avec toi sur ce livre, Vincent. Je l’avais d’ailleurs dit dès le mois d’août. (http://journallecteur.blogspot.com/2009/08/premier-roman-estelle-nollet-cherche-la.html)
    En revanche, pas du tout d’accord à propos de la qualité de cette rentrée, tout sauf médiocre. Je passe des journées à essayer – parfois en vain – d’arrêter de lire pour écrire mes articles.

Réagissez

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…