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La chance des enfants morts


Les vies extraordinaires d’Eugène, Isabelle Monnin, Paris : Lattès, 2010. 232 p. 18 €

À la mort du petit Eugène, nourrisson prématuré mort à 7 jours d’une infection nosocomiale, ses parents se retrouvent confrontés à cette terrible absence. La mère, puisqu’il n’y a “rien de plus à dire” que l’énoncé d’une fatalité, décide de ne plus parler et façonnera avec détermination les pantalons rouges qu’elle s’était juré de coudre pour son fils jusqu’à ses 18 ans ; le père, historien, va tenter d’écrire l’histoire de cet enfant qui n’a pas même vécu deux samedis, et pour ce faire, il ira jusqu’à rencontrer les enfants et leurs parents qu’Eugène aurait dû fréquenter à la crèche si…
Le deuil devient alors une forme de folie à deux, mais deux séparés. Les voies du père et de la mère sont distinctes, mais ils ne se perdent jamais de vue et finiront par se rejoindre. Face à l’impossible, ils inventent, chacun à sa manière, les vies possibles d’Eugène. “Les enfants morts ont de la chance, écrivait Elie Wiesel, ils ne grandissent pas.” Sauf dans les rêves de leurs parents.

Réagissez

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…