La chanson de Zelda et Fanny
En 2007, le roman de Gilles Leroy, Alabama Song (Mercure de France), remportait le Prix Goncourt, non sans surprise car triomphant de deux grands livres, A l’abri de rien d’Olivier Adam et Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel. Soit la vie de Scott et Zelda Fitzgerald, racontée avec empathie et sensibilité de leur rencontre en 1918 à la mort de Zelda trente ans plus tard dans l’incendie de l’hôpital psychiatrique où elle était internée depuis plusieurs années.
Une histoire douloureuse où l’amour passionnel fait progressivement place au ressentiment et à la jalousie, sans jamais disparaître toutefois, Scott reprochant par exemple à sa femme de s’être inspirée de leur vie commune pour écrire son unique roman, Accordez-moi cette valse (récemment réédité en poche chez Laffont), alors que lui a fait de même, notamment dans Tendre est la nuit, allant même jusqu’à puiser dans son journal intime. Mais aussi une histoire magnifique qui fait joliment revivre l’entre-deux guerres aux Etats-Unis et en France, où le couple s’est expatrié. De cette matière formidablement romanesque, Fanny Ardant s’est emparée pour nous la restituer avec passion, de sa voix grave et envoûtante, dans un CD audio publié chez Gallimard. 1h20 d’étrange sensation, la comédienne nous emportant littéralement dans ce monde paroxystique entre réalité et fiction.
