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La fureur du bruit


L’effet Larsen, Delphine Bertholon, Paris : Lattès, 2010. 363 p. 19 €

Ceux qui avaient aimé le précédent roman de Delphine Bertholon, « Twist », vont adorer celui-ci. À la fois chroniqueuse d’un siècle et de ses désarrois et ange scrutateur des cœurs et des âmes de tous ces « ordinary people » qui fondent l’humanité, Bertholon glisse ici sur les effets Larsen et les mises en abymes pour brosser le portrait d’une mère et d’une fille frappées par un drame : la mort du mari (et du père). Nola, la narratrice, accompagne la dérive sociale, psychologique et médicale de sa mère et tente désespérément de ne pas sombrer à son tour.
De manière touchante, ce roman illustre cette réalité : nous ne sommes le plus souvent conscients de notre bonheur qu’au moment où celui-ci nous abandonne. Mais ces prises de conscience sont aussi de formidables incitations. Ce qui est détruit peut être reconstruit, reconquis, et si l’on a la force, nos défaites sont le terreau de nos plus belles victoires. Aux antipodes du désespoir, l’histoire de Nola est celle d’une vibrante résilience.

Réagissez

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…