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La magie des secrets


Élégie pour un Américain, Siri Hustvedt, Arles : Actes Sud, 2010. 401 p. (Babel). 10 €

Tout ce que j’aimais, de Siri Hustvedt, est sans doute un des plus beaux romans que j’ai lus ces dernières années. Aussi étais-je curieux et un peu craintif en ouvrant celui-ci — la peur d’être déçu. Je l’ai dévoré en deux jours…
On retrouve ce qui fait un grand écrivain : des obsessions, une réflexion constante, quoique légère et brillante, sur ce qui fonde la mémoire et, au-delà, la fiction. Des personnages, morts et vivants, tourbillonnent autour du narrateur, un psychanalyste empêtré dans le deuil de son père. L’image du secrétaire de Kierkegaard, ce meuble dans lequel des tiroirs cachent des « secrets », revient plusieurs fois illustrer le propos d’Hustvedt : moins nous en savons sur ceux que nous aimons – et ceux que nous aimons ont toujours des secrets –, plus nous sommes tentés de leur inventer les vies qu’ils n’ont pas vécues, mais qui correspondent aux images que nous avons d’eux. Une merveilleuse manière de nous construire et de leur rendre justice, de les garder vivants en nous.

Une réaction sur “La magie des secrets”

  1. Arnaud dit :

    « Tout ce que j’aimais » est un des plus beaux romans que j’aie jamais lus… J’ai hâte de découvrir celui-là! (Et puis j’adore les éditions Babel… Que du bon!)

Réagissez

    • Il faut

      Si Marine Le Pen ne réunit pas les 500 signatures nécessaires à sa candidature à la Présidentielle, tant mieux ! En 2002, Chirac avait donné des instructions pour que le père les obtienne et puisse concourir : on a vu les conséquences le 21 avril. Il faut récuser l’argument selon lequel « je suis contre vos idées, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez les défendre » : car eux, ne demandent qu’à se débarrasser de nous…

    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.