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La magie des secrets


Élégie pour un Américain, Siri Hustvedt, Arles : Actes Sud, 2010. 401 p. (Babel). 10 €

Tout ce que j’aimais, de Siri Hustvedt, est sans doute un des plus beaux romans que j’ai lus ces dernières années. Aussi étais-je curieux et un peu craintif en ouvrant celui-ci — la peur d’être déçu. Je l’ai dévoré en deux jours…
On retrouve ce qui fait un grand écrivain : des obsessions, une réflexion constante, quoique légère et brillante, sur ce qui fonde la mémoire et, au-delà, la fiction. Des personnages, morts et vivants, tourbillonnent autour du narrateur, un psychanalyste empêtré dans le deuil de son père. L’image du secrétaire de Kierkegaard, ce meuble dans lequel des tiroirs cachent des « secrets », revient plusieurs fois illustrer le propos d’Hustvedt : moins nous en savons sur ceux que nous aimons – et ceux que nous aimons ont toujours des secrets –, plus nous sommes tentés de leur inventer les vies qu’ils n’ont pas vécues, mais qui correspondent aux images que nous avons d’eux. Une merveilleuse manière de nous construire et de leur rendre justice, de les garder vivants en nous.

Une réaction sur “La magie des secrets”

  1. Arnaud dit :

    « Tout ce que j’aimais » est un des plus beaux romans que j’aie jamais lus… J’ai hâte de découvrir celui-là! (Et puis j’adore les éditions Babel… Que du bon!)

Réagissez

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…