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La véritable identité des marchés financiers


Rigueur, fiscalité, pension, croissance : un point de référence absolu, les marchés, nous disent les doctes spécialistes ès finances qui sont souvent liés aux banques et eux-mêmes impliqués dans les dits marchés. On vit de ce point de vue dans un cercle  plus vicieux que vertueux. « Les marchés » : vous avez remarqué que nos spécialistes, et l’immense majorité des médias  influencés par ceux-ci,  parlent de ces marchés comme s’il s’agissait d’une sphère autonome, d’une entité anonyme et éthérée qui agirait indépendamment de toute autre structure de pouvoir qu’il soit financier, économique ou idéologique. Or les marchés ont une identité : ce sont des hommes précisément liés à ces structures de pouvoir, des groupes internationaux, des opérateurs ou  des directeurs de bourse  qui, comme à Bruxelles, pèsent de tout leur poids pour empêcher toute régulation.  Ce sont les acteurs et les bénéficiaires du capitalisme financier. Et quand on se demande s’ils sont devenus irrationnels en sanctionnant à la fois une rigueur qu’ils jugent insuffisante et le risque que celle-ci fait courir à la croissance, c’est-à-dire quand ils font tout et le contraire de tout, c’est tout simplement qu’ils n’ont pas encore décidé ce qui produira le maximum de profit immédiat. Dans le débat sur le financement des pensions qui agite ici, en France, le monde politique comme dans la polémique qui entoure chez nous la question de la fraude fiscale. La question est toujours la même : qui va payer le prix de la crise. Les régimes d’austérité  sans précédent déjà mis en place ou annoncés pèsent essentiellement sur les salariés qui ont déjà payé le renflouement de banques qui, elles, n’ont pas attendu pour renouer avec les profits. Et on peut deviner quelle sera la réaction des fameux marchés si des gouvernements s’enhardissaient à taxer les revenus du capital au niveau de ceux du travail. Cela dit, même si nous connaissons  chez nous le poids du communautaire, n’est-ce pas la question fondamentale que  nous, électeurs devrions poser prioritairement aux partis politiques  d’ici le 13 juin : que ferez-vous demain pour établir un minimum d’égalité face à la crise ?

 

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…