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L'affront du front


Un beau jour, sans avoir rien demandé, vous recevez dans votre boîte aux lettres électroniques un communiqué du Front National belge. Là, vous lisez la complainte habituelle de ces éternels victimes du totalitarisme démocratique et des ces infatigables pourfendeurs des innombrables déviances et errances d’un système parlementaire pourri. Comme vous n’avez rien demandé, comme vous êtes résolument du côté des salauds qui veulent la disparition de ce genre de parti, vous cliquez sur le bouton demandant de vous désinscrire. Vous êtes comme ça : s’ils ont le droit d’exprimer des opinions même qui sont en totale opposition avec les droits de l’homme, vous n’avez pas le devoir d’en prendre connaissance.
Mais se désinscrire d’un service qui vous a été imposé par le Front National n’est pas chose si simple. On vous prévient : vous recevrez d’abord un mail de confirmation de l’infirmation auquel vous devrez répondre pour confirmer la confirmation de l’infirmation des informations du Front (vous suivez ?). Vous le faites, car vous êtes respectueux des procédures, même si elles vous semblent peu conformes avec la “netiquette”. Enfin, vous vous croyez quitte de cette lecture indigente.
Erreur : quelques jours plus tard, ça recommence. Vous aussi. La procédure complète. Las. Les lamentations frontiques continuent à inonder votre messagerie. Vous vous fâchez. On vous répond, très poliment, que l’on ne trouve pas votre adresse dans la liste. Vous donnez toutes les adresses possibles. Quelques mails extrêmement courtois sont échangés, jusqu’à la conclusion que, promis, croix de bois, croix de guerre, vous n’entendrez plus jamais parler du Front.
Jusqu’au lendemain…
Une chose est sûre : sur le fond, le Front National est toujours aussi fasciste que ses ancêtres rexistes, nazis, mussoliniens et autres. Sur la forme, il a appris la politesse. Celle du bourreau qui met des gants blancs avant l’exécution.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…