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L'anti campagne électorale


Morne campagne, triste campagne ! A moins de cinquante jours du double scrutin régional et européen, on peut même se demander, s’il y aura une véritable campagne électorale, si ce moment qui est théoriquement le sommet de la démocratie représentative permettra au citoyen de se prononcer sur des idées des programmes, des enjeux, si nous pourrons en connaissance de cause contribuer au façonnement de notre propre avenir collectif et individuel. On peut éprouver les plus grand doutes alors que précisément face aux multiples crises que nous vivons jamais les choix idéologiques et politiques n’auront été aussi importants quels que soient les niveaux de pouvoir. Pendant près de deux semaines notre horizon aura été bouché sinon maculé par un interminable affrontement entre les cyniques et les hypocrites, entre ceux qui assumaient leur arrogance habituelle et ceux qui se trainaient dans l’autoflagellation tardive à propos des petits arrangements avec l’éthique. Pratiques minables et évidemment détestables mais dont les commentaires médiatiques ont pratiquement occulté tout le reste de l’actualité. Avant cela, il y avait eu la pénible confection des listes, en particulier pour le scrutin européen où une fois de plus des candidats éligibles et même des têtes de listes se présentent en sachant pertinemment qu’ils ne siègeront pas. Il ya là à la fois un mépris de l’électeur et de la fonction que l’on sollicite dont on ne comprend pas que les plus hauts responsables politiques ne mesurent pas les conséquences catastrophiques. Comment dans ce calamiteux enchaînement ne pas fabriquer du populisme et de l’anti-politique ? Aujourd’hui, l’Europe devrait être le centre d’un débat essentiel notamment sur la régulation, les services publics ou la protection sociale. Jusqu’ici on sait seulement que les principaux groupes parlementaires se sont déjà mis d’accord, avant même l’élection du nouveau parlement, pour reconduire dans ses fonctions le président de la Commission qui incarne plus que tout autre la politique du tout libéral dont on a pu mesurer les dégâts récents. Et puis au niveau régional, comment fixer son choix sur un parti sans savoir avec qui il compte gouverner. Sous prétexte de ne pas anticiper le choix des électeurs, trop souvent les partis refusent de nous dire clairement avec qui ils veulent gouverner et donc s’ils seront ou non en mesure d’appliquer au moins partiellement leur programme. Il est vrai que ces réticences sont aujourd’hui mois fortes à Bruxelles qu’en Wallonie mais on reviendra sur cette question essentielle dans notre système politique.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…