Facebook

L’austérité n’est pas une fatalité


« L’austérité n’est pas une fatalité et des alternatives existent » : c’est sous cette bannière que le Réseau pour la justice fiscale, regroupant un grand nombre d’associations et de syndicats, a manifesté hier à Bruxelles. « Slogan » répondront les partisans de la rigueur qui veulent économiser 25 milliards d’euros d’ici 2015 pour retrouver l’équilibre budgétaire. Et pourtant en examinant de plus près les propositions du Réseau pour la justice fiscale, on constatera qu’il ya effectivement des alternatives aux politiques d’austérité qui se dessinent un peu partout et qui sont présentées comme une nécessité évidente ne souffrant pas discussion.

De ce point de vue, gouvernants, patronat, et la plus grande partie des médias se retrouvent dans la bonne vieille pensée unique qui faisait recette depuis le milieu des années 80 mais que la crise de 2008 a pourtant sérieusement ébranlée. Le Réseau ne se contente pas de propositions, il les a aussi chiffrées : ainsi l’instauration d’un impôt progressif sur les fortunes de plus d’un million d’euros, la levée du secret bancaire – la Belgique étant l’un des dernier pays à le tolérer- pour lutter contre la fraude fiscale, une législation plus restrictive en matière d’intérêts notionnels, l’instauration d’une taxe sur les profits abusifs d’Electrabel et l’attribution de moyens supplémentaires à l’administration fiscale : ces quelques mesures simples et qui n’ont rien de révolutionnaires produiraient une recette minimale de 24 milliards d’euros par an. Bien entendu, les initiateurs de ces propositions n’ignorent pas la globalisation de notre monde et suggèrent trois mesures pour répondre à la dimension européenne et mondiale de la circulation des capitaux : l’instauration d’une taxe sur les transactions financières, la lutte contre la corruption et la fraude via les paradis fiscaux et l’instauration d’un impôt européen minimum des sociétés. C’est une mesure essentielle car on l’a encore vu récemment dans notre pays : la concurrence fiscale entre les pays européens a pour effet que l’impôt sur les sociétés ne rapporte presque plus rien à l’Etat.

Il y a une cohérence et une logique dans ces propositions : il est vrai que leur application nécessiterait un rapport de force politique différent de celui que nous connaissons. Mais le débat doit largement s’installer sur ces questions car l’austérité, présentée comme inéluctable est non seulement injuste – elle fait payer une deuxième fois le prix de la crise à ceux qui en sont déjà les victimes mais aussi nuisible au redressement économique. Par l’absurde le gouvernement en affaires courantes élargies, chargé du nouveau budget va d’ailleurs nous démontrer que l’austérité, qu’il ne pourra imposer, n’est pas nécessaire. A méditer…

Réagissez

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…