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Le compromis et le bouclier


« Compromis » : chance, occasion, difficulté du compromis. « Compromis » est bien LE mot qui fait florès depuis ce dimanche 13 juin. Un mot d’autant plus usité aujourd’hui que son évocation paraissait improbable il y a quelques semaines à peine. Mais la campagne électorale et l’issue du scrutin ont joué comme un accélérateur d’histoire. La configuration sortie des urnes avec un bloc représentatif et incontestable dans chaque communauté offre, en effet, les conditions de ce que l’on pourrait appeler un véritable « compromis historique » pour un nouveau cadre institutionnel. Conditions évidemment et éminemment fragiles mais qui n’en demeurent pas moins l’élément nouveau de la donne politique. L’autre élément confirmé par les élections est la fonction de « bouclier » assumée par le PS. Double bouclier en vérité, à la fois social et institutionnel. Et c’est bien en cette double qualité que les électeurs francophones lui ont donné la victoire. On l’avait déjà souligné en 2009 lorsque le PS avait déjoué une défaite annoncée en s’érigeant en rempart contre le risque de bain social : il y a en Wallonie une exception PS. Contrairement à ses homologues européens, le PS d’Elio Di Rupo n’a pas connu de crise existentielle. Même si des pratiques clientélistes et le lourd chapitre des affaires lui ont fait de l’ombre, il reste un parti à l’ancrage populaire exceptionnel et qui a maintenu ses fondamentaux politiques et sociaux. En quelque sorte, on a un PS inoxydable qui prétend à une sorte de virginité politique après plus de 20 ans de participation au pouvoir et autant de concessions propres aux gouvernements de coalition. Et visiblement les électeurs ne lui tiennent pas rigueur de l’écart ou même parfois du divorce entre la pratique et le discours. Cette fois si le compromis historique est possible au niveau institutionnel, il faudra ensuite faire face à la crise et aux partisans de l’austérité. Et de ce point de vue, aussi, le chemin de crête n’a jamais été aussi étroit.

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Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…