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Le meilleur ami de l’Homme


CalimeroFrançois Fillon est vraiment le meilleur ami de l’Homme. S’indignant de ce que M. de Villepin osât s’indigner que son Maître et Président eût parlé de lui comme «coupable» et non comme «accusé présumé innocent», le Premier Ministre de Nicoland et Sarkozie a répondu : «dans cette affaire, il y a une victime principale, le président de la République. Et on ne doit pas transformer les victimes en coupables.»
Il a tout à fait raison. Toute la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy a surfé sur la vague de la victimisation. Ce n’était plus Sarko, c’était Caliméro. Trop injuste…

Parce qu’aujourd’hui, comme le rappellent à merveille Caroline Eliacheff et Daniel Soulez-Larivière dans leur essai Le temps des victimes, il y a deux manières pour faire parler de soi : être sportif ou être victime. Nicolas Sarkozy est sans doute le premier à avoir réussi cette remarquable synthèse : il a fait de l’auto-victimisation un sport de haut niveau, et il a décoché la médaille d’or. Personne ne l’aime, c’est pour ça que les Français l’adorent. Tout le monde veut sa perte, grâce à quoi il triomphe.

Et les victimes ont tous les droits, même celui de bafouer la justice. Ainsi, les parties civiles dans les procès demandent que l’accusé présente des excuses, ce qui est absurde puisqu’il n’a pas encore été reconnu coupable ; de la même manière, Sarkozy, qui contrôle le parquet et se constitue partie civile tout en bénéficiant d’une impunité totale, jette en pâture au public un ancien Premier Ministre. En d’autres époques, M. de Villepin aurait déjà été roué, dépecé, décapité et exhibé à la liesse populaire. Pendu à un croc de boucher, bien entendu.
C’est vous dire combien M. Sarkozy est victime; il est obligé d’attendre la fin d’un simulacre de justice avant de mettre à mort ses opposants. Le pauvre…

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Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…