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Le souffle de l’imaginaire


Les villes de la plaine, Diane Meur, Paris : Sabine Wespieser, 2011. 372 p. 23 €

On se demande parfois si quelque chose distingue, aujourd’hui, la littérature de France et celle de Belgique. Diane Meur permet de répondre positivement ; son dernier roman qui ose s’emparer de la plus vaste des matières qui soit : à travers une civilisation ancienne disparue, la question double de la foi et de la liberté. Peut-être n’est-ce pas spécifiquement belge, mais c’est en tout cas quelque chose qui se distingue radicalement de la littérature parisienne, nombriliste et insignifiante.
Ici, on voit vivre, grandir et mourir une civilisation : celle de Sir, réglée par le culte et la parole retranscrite d’Anouher. Le scribe Asral a des doutes sur la traduction juste de ce texte ancestral ; et si Anouher disait autre chose que ce que prétendent les prêtres ? Et s’il était quelqu’un d’autre que ce que l’on a toujours fait croire ?
Au péril de sa vie, aidé par un berger des montagnes dont l’ignorance est la clé d’un savoir nouveau, Asral ira au bout de la vérité… Et nous ne pouvons que le suivre et le croire, magie du roman.

Réagissez

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…