Facebook

L’enfant roi


A quoi ressemblait le petit Bart quand il était bébé ?

C’est la seule question qu’on a encore le droit de se poser à propos du président de la N-VA depuis que le conseil de l’ordre national des Médecins a accueilli sa plainte et condamné un médecin qui s’était permis d’exprimer une opinion sur le caractère trrrrès dominant du grrrand Bart – je veux dire sur le Bart qui joue à l’adulte, à l’homme de fer et même de fer à repasser puisqu’il  a réussi mieux que ma femme à journée à ce que les négociations soient pliées…

Alors, bouche cousue si vous ne voulez pas vous retrouver condamné ! Et remontons le temps, à l’époque où parler d’un enfant roi ne valait pas une sanction.

Bartje devait être un bel enfant. Etendu dans son petit lit, le regard doux après avoir mangé une gaufre ou deux (ou trois), il attendait impatiemment que papa ou mama lui raconte une histoire. Alors ! ça vient ou quoi ? Ici et tout de suite ! D’accord, Bartje, dors, dors, mon petit frère. Slaap, kindje, slaap…

Oui. Bartje adorait écouter de belles histoires avant de fermer les yeux. Peau d’âne, Riquet à la houppe, le petit poucet, mon bébé ? Non, non ! Surtout pas. Les contes de Perrault sont des histoires de fransquillons ! D’une époque où c’est la France qui occupait Bruxelles et non pas moi ! Merci !

Alors, que veux-tu que je te raconte, Bartje ?

Une histoire de guerre ! De la deuxième guerre mondiale. C’était celle qu’il préférait. Pas comme Brassens qui aimait mieux celle de 14-18, celle où les pauvres soldats flamands se faisaient massacrer parce qu’ils ne comprenaient rien aux ordres de leurs officiers francophones. Tandis qu’en 1940,… Attention, danger, procès ! J’arrête là. Dors, dors, Bartje, mon petit frère. Slaap, kindje, slaap…

Alors que lui lisait sa maman ? Les aventures de Tintin, peut-être ? Ouille, non ! N’allez surtout pas prétendre que Bartje dévorait les aventures de Kuifje ! Tintin, écrit-il en septembre dernier, était un héros raciste et antisémite, le chouchou des Wallons derrière lequel ils se cachaient pour raconter partout qu’il n’y avait que des flamands pour collaborer avec les Allemands ! Tout doux, Bartje ! Tu dis des choses bien singulières ! Dors, dors, mon petit frère. Slaap, kindje, slaap…

Je veux mon histoire !

Mais, que suis-je encore autorisé à te raconter, mon président bien aimé, respecté, je veux dire mon fiston ? demandent découragés papa et mama.

Invente ! Tiens. Raconte-moi l’histoire d’un pays imaginaire, répond Bartje les yeux brillants en agitant ses tout petits poings. Peuplé uniquement de bébés tous à mon image et toujours d’accord avec moi.

Mais d’accord sur quoi ?

Que je suis le roi !

Mais tu es le roi, mon enfant. Dors, dors, Bartje, mon petit frère. Slaap, kindje, slaap…

 

Réagissez

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…