Facebook

LES AFFAIRES REPRENNENT


Dans le monde, les bourses jouent au yo-yo. Et en Belgique, les affaires reprennent.
Vous me direz que ce ne sont jamais que les bonnes affaires des PS liégeois et carolo ? Erreur, c’est bien plus que ça : les premiers signes d’une fumée blanche après deux ans de crise. La renaissance d’une région qui gagne. Wallonie, la niaque !
La preuve ? D’abord, si on accuse des mandataires de s’être largement servi dans la caisse (mais ils sont présumés innocents), c’est que la caisse n’était pas vide. Enfin, un effet du plan Marshall ?
Ensuite, il a fallu des années à la justice pour instruire ces affaires, démêler l’écheveau que des dénonciateurs anonymes mais drôlement bien informés leur avaient soigneusement décortiqué, preuve que leurs initiateurs ont déployé des trésors d’ingénérie.
Voilà l’enseignement positif de cette histoire : il existe une science du managing wallon.
Dans les époques primitives, les politiciens se contentaient d’une enveloppe qu’on leur mettait en poche et dont ils dépensaient le contenu en payant en noir l’imprimeur et le traiteur qui préparait le poulet-compote des soirées de campagne. Une fois les menus frais dépensés et quelques amis arrosés, il leur restait à peine de quoi payer les études en révisorat d’entreprises de leur fiston.
Maintenant, les présumés innocents travaillent sur une toute autre échelle : avec sociétés écrans, comptes étrangers et toutes sortes de détours, qui démontrent qu’à l’ère du capitalisme sauvage, les Wallons sont devenus aussi habiles que la plupart des autres peuples de la planète (lesquels sont eux aussi présumés innocents).
Grâce à nos nouveaux politiciens, les services publics et notamment les intercommunales ne servent plus bêtement les citoyens mais ils sont là pour faire de l’argent.
C’est la preuve du dynamisme des jeunes pousses du socialisme wallon. On craignait qu’après la retraite ou la mise à l’écart de leurs glorieux aînés, si hauts en couleurs, les nouveaux politiciens ne soient plus que de tristes bureaucrates, de ternes experts, le nez sur les chiffres toujours plus décevants des affaires du pays, des gagne-petit de la politique qui comptent un à un les sous de leurs concitoyens. Grâce à la justice, on est soulagé que nos nouveaux dirigeants soient aussi audacieux que leurs pairs mais encore plus inventifs.
L’éclatement soudain de ces affaires intervient juste au moment de la formation du nouveau gouvernement. Un complot ? Mais non, le signal de la fin de ce long interrègne de plus de cinq cents jours pendant lesquels la Belgique restait figée : pas de dirigeants, pas de nouveaux impôts, pas de lois scélérates. Mais pas non plus de scandales politico-financiers.
Le signal que, comme le promet la nouvelle équipe, les affaires reprennent et que la crise est finie.

www.berenboom.com

Réagissez

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…