Facebook

Les chroniqueurs, ces braves types


BERTRAND_Sales_ptLes autres, c’est rien que des sales types, Jacques A. Bertrand, Paris : Julliard, 2009. 134 p. 15 €

L’art de la chronique est un art difficile. Jacques Bertrand l’illustre avec panache dans le cadre de l’émission de France Culture des « Papous dans la tête ». J’aime bien Jacques Bertrand. Il pratique la brièveté, l’humour noir, l’émotion pudique et la justesse de l’analyse avec cette aisance derrière laquelle se cache un grand travail.
Quels sont ces autres qui, à en croire le chroniqueur, ne seraient que des sales types ? La liste est longue : le voisin, le pauvre, le végétarien, le con, le conjoint, le Parisien… Pour chacun, Jacques Bertrand brosse le tableau des stéréotypes, des qualités et des défauts de cet autre qui, parfois, nous ressemble tellement. Tout en respectant un des canons du genre de la chronique, qui insère dans chaque texte un élément récurrent, non dénué d’absurde, et qui est en l’occurrence le meilleur ami de tout autre qui se respecte : le chien.
Des petits textes à déguster le soir avant de se coucher, qui sait à côté de cet(te) autre qui fait notre enfer ou notre paradis et qui pense peut-être parfois de nous que nous sommes des sales types.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…