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Les excès de Maître Jacques


Excès, Jacques Mercier, Le Bord de l’Eau/La Muette, 2010, 160 pages, 18 €

On aurait tort de croire que l’animateur du Jeu des Dictionnaires, de La Semaine infernale ou de Forts en tête est un dilettante de l’écriture. S’il n’a écrit qu’une poignée de romans, nouvelles ou recueils de poèmes, en plus d’ouvrages sur le chocolat ou sur les spécificités du français, tel évidemment celui parlé en Belgique, c’est pourtant elle, l’écriture, qui le fait vivre (spirituellement). Bref, on n’est guère étonné que ce retraité télévisuel et radiophonique, qui s’est lancé dans le spectacle vivant (et autobiographique), publie un nouveau roman, Excès. Ce qui est plus désarçonnant, c’est sa dimension érotique.
N’étant pas un grand lecteur de ce type de littérature, de Sade à ce qui se publie aujourd’hui (plus qu’on ne l’imagine), je ne peux pas dire ce qu’Excès apporte ou non à ce genre. Deux choses méritent d’emblée d’être soulignées: une certaine qualité d’écriture et un humour latent prêt à émerger ci et là. Quant au contenu, il est double: les souvenirs-confessions-réflexions a posteriori du narrateur, qui se voit comme un grand enfant sentimental plus attentif au plaisir de la femme qu’au sien, à l’adresse d’une interlocutrice absente, alternent avec le récit, au présent, de sa vie conjugale avec ses hauts et ses bas, de ses amours divers et multiples et de ses excès tant dans le sexe (sans complaisance dans la crudité de l’exposition de fantasmes masculins) que dans la boisson. Mais, ce n’est pas que cela, Excès c’est aussi – d’abord? – le portrait d’un homme comme tant d’autres dépeints dans ses difficiles rapports à la vie et aux femmes. Et sur ce terrain, c’est très réussi.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…