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Les femmes mises à l’honneur


J’aimerais attirer votre attention sur deux jolis essais consacrés aux femmes, et pas n’importe lesquelles ! D’une part, paru une première fois il y a une dizaine d’années et réédité récemment chez lattès, le livre de Gonzague Saint Bris et Vladimir Fédorovski, Les Egéries russes. D’autre part, Colette à vingt ans, une apprentie pas sage, la biographie de Marie Céline Lachaud parue au Diable Vauvert.

Comme son titre l’indique, Les Egéries russes s’intéressent aux maîtresses ou épouses russes de quelques grands artistes. Elles jouent chacune à leur manière un rôle primordial dans l’oeuvre de leur compagnon. Grandes intellectuelles pour la plupart, elles les poussent à devenir aussi brillants qu’elles soupçonnent qu’ils puissent être. Parmi elles, citons Gala (la femme de Paul Eluard et ensuite de Dali), Lou Andréas-Salomé (inspiratrice de Nietzsche, Wagner et Rilke) ou encore Lydia Delectorskaia (collaboratrice de Matisse). Très varié, l’ouvrage passe d’une muse à l’autre dans une belle fluidité et met en lumière les liens particuliers de ces Russes exilées avec la gloire.

L’ouvrage de Marie Céline Lachaud sur Colette s’insère dans une collection qui s’intéresse à la personnalité et à l’œuvre d’un grand écrivain à la lumière de ses vingt ans. Ou comment s’effectue le passage de l’adolescence à la vie adulte pour des auteurs aussi connus que Colette, Jean Genet, Boris Vian, Flaubert ou Proust. L’intérêt de la collection réside bien sûr dans l’étude de ses grandes personnalités naissantes mais aussi dans l’approfondissement des particularités de l’époque qui les a vus naître. Dans Colette à vingt ans, une apprentie pas sage, on découvre une Colette toute jeune, une petite provinciale que rien ne prédestine au monde des lettres. En revanche on sent déjà poindre une grande originalité chez celle qui toute sa vie sera dévorée par la jalousie. Portait pertinent et sensible, le livre de Marie Céline Lachaud ravira les Colettophiles comme les amateurs de biographies vives et entraînantes.

Les Egéries russes, Gonzague Saint Bris et Vladimir Fédoroski, Lattès.

Colette à vingt ans, une apprentie pas sage, Marie Céline Lachaud, Au Diable Vauvert.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…