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Les Intégrales (10) : La Patrouille des Castors


La Patrouille des Castors, Intégrale 1, Mitacq et Charlier, Dupuis, 264 pages, 28 €

Pendant huit ans, entre 1989 et 1997, les éditions Dupuis ont publié l’Intégrale Tout Mitacq. Soit quatorze tomes – dont les dos placés côte à côté forment un grand dessin – réunissant La Patrouille des Castors, bien sûr, sa série fétiche écrite par le Liégeois Jean-Michel Charlier, ainsi que Jacques Le Gall, personnage créé en 1959 dans Pilote, toujours avec Charlier (et auquel a participé Follet), mais qui ne connut que six épisodes en noir et blanc, et Stany Derval, reporter télé créé en 1968 et héros de onze histoires de longueurs variables dont certaines inédites en album jusque-là.
Le douzième volume offrait en outre une magnifique «rétrospective Mitacq» reprenant les premières publications du dessinateur bruxellois (telles les aventures de Tam-Tam parues dès 1944 chez José Henin et signées MiTak), quelques inédits (une courte histoire des Castors parue à la fin des années 1980 dans Le Moustique Junior, éphémère supplément BD du Télémoustique), l’ultime épisode d’une courte série animalière, La Patrouille des Zoms, scénarisée par Yvan Delporte, et encore le crayonné des premières planches de ce qui aurait dû être la trente-et-unième grande épopée des Castors, Les Naufragés de la Marie-Jolie.
Bien que ces albums soient toujours disponibles, l’éditeur de Marcinelle se lance dans une nouvelle Intégrale exclusivement consacrée à La Patrouille des Castors. Ancien scout, Michel Tacq a un peu tâtonné avant de trouver ses personnages, faisant notamment un stage de trois semaines chez Pierre Joubert, l’illustrateur de la collection Signes de piste, comme l’écrit Gilles Ratier dans l’introduction. Entamées en 1954 dans Spirou avec Charlier, le futur scénariste de Barbe-Rouge et de Blueberry, les aventures vécues par Poulain, le CP, l’ingénieux Chat, le cerveau Faucon (à lunettes, of course), Tapir, le «rond» gaffeur et gourmand, et le timide, Mouche, le plus jeune du groupe – un sixième scout, Lapin, a disparu à partir du troisième épisode -, ont fait frémir les jeunes lecteurs jusqu’au terme de la série, au milieu des années 1990 avec la mort du dessinateur.
Leur relecture confirme qu’elles restent aujourd’hui tout à fait lisibles et passionnantes. Grâce au talent de Charlier, évidemment, mais également au dessin réaliste de Mitacq qui n’a pas trop vieilli, contrairement à celui d’autres séries de l’époque. Ce tome inaugural regroupe les quatre premiers épisodes de la série, Le Mystère de Grosbois, Le disparu de Ker-Aven, L’inconnu de la villa mystère et Sur la Piste de Mowgli. Plus, en fac-similés, trois brèves histoires parues dans Risque-tout, hebdomadaire destiné à un public un peu plus âgé que Spirou, et l’une des «Belles histoires de l’Oncle Paul» mise en images par Mitacq. A noter que cette Intégrale ne fait pas totalement double emploi avec la précédente puisque celle-ci proposait en sus une présentation séparée de chacune des histoires, ce qui n’est pas le cas ici.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…