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Les Intégrales (8) : Docteur Poche


Docteur Poche, Intégrale T2, Marc Wasterlain, Dupuis, 208 p., 24 €

«C’est bien simple, si je pouvais choisir, je choisirais de dessiner comme Wasterlain.» Cet éloge particulièrement flatteur provient de celui qui, par la virtuosité de son trait, a révolutionné le 9ème art, André Franquin. Si Wasterlain n’atteint son maître, il s’inscrit néanmoins avec brio dans la même famille de virtuoses du crayon. On peut en juger avec la réédition des aventures de son principal héros apparu en 1975, Docteur Poche.
Le titre complet de la série, La relation utopique des aventures imaginaires du célèbre Docteur Poche, annonce la couleur: on nage en pleine féérie. Rationalistes et raisonneurs, passez votre chemin! Ce goût pour la fantaisie la plus débridée éclate dans le diptyque La Planète des Chats repris dans le deuxième tome de l’Intégrale et généralement considéré comme l’œuvre maitresse de son auteur. Envoyé comme remplaçant dans un home pour enfants surdoués, Poche est envoyé bien malgré lui, à bord d’un engin évoquant davantage un tracteur qu’un fusée, sur une planète habitée par des chats et des chiens que se font la guerre.
Un passionnant dossier introductif revient sur les conditions de la publication dans Spirou de cette aventure pleine de rebondissements qu’il faut lire, pour y être sensible, avec un regard d’enfant. L’album comprend également une série de gags d’une planche chacun ainsi que qu’une courte histoire nous apprenant comment, à cause d’un engrais sur-vitaminé, la 3ème guerre mondiale a commencé. Et les toutes dernières pages reprennent quelques raretés, dont certaines parues sous pseudonyme. Et notamment le parodique Baston Labaffe.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…