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Les Intégrales (7): Le Combat ordinaire


Manu Larcenet, Le Combat ordinaire, Dargaud, 246 pages, 39,90 €

C’est une vraie merveille que nous propose Dargaud avec cette réédition en un volume du Combat ordinaire, une histoire en quatre tomes dont le premier a été couronné à Angoulême en 2004. Manu Larcenet est assurément l’un des plus grands auteurs BD actuels, il le confirme une fois de plus avec ce long récit teinté d’autobiographie. Et en plus, le DVD du documentaire que lui a consacré Sam Dialio est joint à l’album.
Le héros-narrateur, photographe de guerre sans emploi, qui suit depuis huit ans une psychanalyse, vit seul dans une maison isolée quelque part dans le sud de la France. Il remonte de temps en temps voir son frère, qu’il appelle Georges en souvenir du lapin dont rêve l’un des personnages des Souris et des hommes et avec qui il fume «des gros pétards», et, plus rarement, rend visite à ses parents retraités. Il possède un chat méchant prénommé Adolf et, comme voisins, une espèce d’ancien militaire à la gâchette facile et un petit vieux qui taquine un brochet auquel il voudrait survivre. Et qui s’avère avoir connu son père pendant la Guerre d’Algérie. La vétérinaire de la ville voisine tombe amoureuse de lui et rêve d’une maison commune, d’un enfant, etc., autant d’horreurs dont il ne peut supporter l’idée. D’où la complexité de leur relation. Ils finissent pourtant par habiter ensemble et ce sont les ouvriers du chantier naval où a travaillé son père qu’il va photographier comme pour conserver les dernières traces d’une mémoire ouvrière.
Le Combat ordinaire raconte avec intelligence et fragilité une histoire extrêmement personnelle et d’une grande richesse humaine. De Larcenet, auteur d’une œuvre abondante, je ne peux que conseiller de lire aussi Retour à la terre, dessiné par Ferri chez Dargaud dans la collection Poisson Pilote. Egalement une bande dessinée puisée dans son vécu. Et fort fort drôle.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…