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DSK : Les mots sont las


Les mots sont las, épuisés, éreintés. Dans l’affaire DSK ils sont comme impuissants à rendre compte des étapes qui conduisent de la sidération au doute ou à l’indignation, selon le parti que l’on adopte jusqu’ici sans connaissance de cause. Les mots qui fusent encore de partout comme si l’on ne pouvait s’empêcher de commenter l’indicible, les mots sont morts, exécutés par les images blafardes de la télévision. Comme si le verbe ne pouvait plus rien pour tenter de comprendre le sens d’un événement qui à la fois nous échappe et nous agresse. Et pourtant, ici dans cette chronique comme dans le bistrot d’un petit village de France d’où je vous parle, on continue d’en parler pour conjurer cette sorte de double monstruosité possible dont on ne connaît pas encore la vérité qui la désignera une. Celle d’une femme victime du pire crime commis après celui qui enlève la vie. Ou celle d’un homme victime d’une erreur ou d’une manipulation qui le voue d’ores et déjà aux enfers. On a tout dit et redit sur la mort médiatique de Dominique Strauss-Kahn qui a déjà sanctionné sa fin politique ( il ne s’agit pas ici du jugement sur sa politique), sur la violence de la procédure judiciaire américaine ou sur les comportements de DSK prometteurs de scandales. Polémique dans la polémique : ici on s’interroge à présent à longueur de colonnes sur la responsabilité de la presse qui savait ou aurait dû savoir et dénoncer les comportements harceleurs, voir prédateurs d’un candidat à la magistrature suprême de son pays. Avec le risque de passer d’un laxisme complaisant à la terreur d’une transparence inquisitrice. S’il s’avère que DSK est coupable, il y aura aussi à s’interroger sur l’origine de cet acte criminel qui est aussi un acte manqué, acte suicidaire et mortifère, dernier geste peut-être pour éviter – à quel prix sur la vie d’une autre – un destin dont on se demande toujours s’il en voulait vraiment. Quand je vous disais que les mots peinent à embrasser le réel… Les images, elles, vont continuer à sévir et à servir. On voit déjà la composition du tableau suivant : la mine hagarde d’un héros déchu dans la nuit bleutée d’un commissariat new-yorkais contrastant avec le regard attendri d’un futur père-président sur le ventre arrondi de sa belle. La guerre n’est pas finie entre la série télévisée et le roman de gare.

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Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…