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Les nuages noirs de la rentrée


Le chroniqueur qui revient à son exercice hebdomadaire après le silence de l’été se gratte la tête, entre angoisse et interrogation. Il a suivi comme tout un chacun les informations prudemment distillées sur les négociations pré-gouvernementales. Et comme tout le monde, il n’ y voit pas très clair. Il salue certes l’obstination sereine du préformateur mais ne sait trop que penser des possibilités réelles d’accord ni du prix qu’elles supposent. L’évidence, par contre, c’est que les lignes ont sérieusement bougé en moins de trois mois. Quel que soit le sort des négociations actuelles, celles qui suivront inévitablement, dans un esprit de compromis ou de rupture, partiront sur la base des acquis engrangés. Et qu’ils plaisent on non, ceux-ci forceront la route vers une régionalisation profondément accentuée sous une forme ou une autre. On mesure encore moins – et on évoque beaucoup moins – l’abime qui sépare les partenaires éventuels en matière socio-économique. Il suffit d’avoir écouté cette semaine le point de vue des partenaires sociaux pour s’en rendre compte. Car à la question fondamentale pour les citoyens : qui va payer le déficit budgétaire issu de la crise, les réponses sont proprement inconciliables. Les propositions de la FEB prennent des accents tatchériens : suppression de dizaines de milliers d’emplois publics, réductions des salaires et des pensions des fonctionnaires et mise en cause des prestations sociales. Une austérité de fer qui se traduirait par un bain de sang social mais qui s’inscrit, il est vrai, dans la logique libérale européenne. Et le patronat flamand qui dicte le programme socio-économique de la NVA n’en pense pas moins, s’il n’en veut pas plus. Les syndicats font remarquer que non seulement les travailleurs et les allocataires sociaux ne sont pas les responsables de la crise mais qu’ils la payent déjà par le chômage, les menaces sur les services publics et leurs impôts qui ont servi à renflouer les banques. Des banques qui, elles, annoncent quotidiennement de nouveaux bénéfices record. En fait, résumé un peu vertement, le mécanisme mis en œuvre par nos états revient finalement à faire passer directement les impôts des citoyens dans la poche des actionnaires bénéficiaires du système bancaire. Cela vaut bien un débat aussi passionné que le sort de BHV…

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…