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Les petits hommes verts


Avez-vous déjà rencontré le Yéti ?  Vu débarquer de petits hommes verts d’une soucoupe volante ?  Vu le ciel encombré d’ « objets volants non identifiés » (ovnis), comme le fut, paraît-il, celui de notre pays, entre 1989 et 1992 ?  Eté confronté à une apparition de la Vierge ?  Vraisemblablement tout cela ne vous est jamais arrivé.  Dès lors, pour les esprits forts que nous sommes pour la plupart, ce genre de choses est nul et non avenu.  Pas vu, donc inexistant.  Au mieux ou au pire, il s’agirait d’hallucinations individuelles ou collectives.  Le positivisme scientifique ambiant n’a que faire de ces délires d’imagination.  La zététique se charge de dissiper ces illusions au nom de la rationalité pure et simple.  Balivernes, billevesées, délires, les extra-terrestres n’existent pas, pas plus que le monstre du Loch Ness ou les derniers survivants de préhominiens dans les forêts profondes.  La Science ne peut s’accommoder de ce genre de fantasmes.

Rappelons-nous cependant le chanoine Kir, qui fut longtemps maire de Dijon après la seconde guerre mondiale, et qui a donné son nom à ce célèbre apéritif, le kir, dont l’orthographe est souvent maltraitée sur les cartes des restaurants : lors d’un débat public au cours duquel un opposant lui avait lancé : « Ton Dieu n’existe pas, on ne l’a jamais vu », il avait répondu : « Mon cul non plus tu ne l’as jamais vu, et pourtant il existe ! ».  Le chanoine avait son franc-parler et savait y recourir à bon escient.

C’est que tout ce que l’on met dans l’adjectif « para-normal », espèce de fourre-tout trop commode pour être recommandable, ne manque pas de témoins généralement de bonne foi et même de traces que la « vraie science » est parfois contrainte de reconnaître.  Des millions de gens ont aperçu des ovnis, et la plupart d’entre eux ne peuvent être tenus pour des mentalement dérangés.  Aux confins de l’humain, qu’on se tourne vers l’origine de l’espèce ou vers son avenir, ou encore vers des êtres qui se donnent parfois à voir sur ses flancs, bien des énigmes demeurent, sur lesquelles les conjectures fiables font l’objet de maints débats.  On sait que l’avènement d’Homo sapiens sapiens, espèce à laquelle nous appartiendrions, n’est pas l’aboutissement d’une évolution linéaire.  La Nature, pour l’appeler ainsi, aurait mis en œuvre divers embranchements aujourd’hui disparus (quoique …), que les paléontologues éprouvent pas mal de difficultés à situer sur notre arbre généalogique.  Quand on sait qu’il se pourrait que Cro-Magnon, c’est-à-dire nous autres, aurait pu précéder Neandertal, disparu il y a quelque trente mille ans, quel sens donner à ce surgeon de notre périple évolutionniste ?  Comment a disparu ce cousin plus proche qu’on ne pourrait le croire ?  Et pour ce qui est de ce qui attend la nôtre dans l’avenir des espèces, est-il légitime de croire que l’évolution de l’homme s’arrête à notre stade, considéré comme parfait ?  Certes non, et il n’est pas interdit de spéculer sur ce que pourrait bien être Homo futurus, que je verrais bien en une sorte d’Homo googlensis.

Ces diverses questions, et bien d’autres encore, sont exposées avec un rare talent d’argumentation et d’érudition dans un livre très récent de Jean-Marie Brohm[1], dont je ne peux que recommander la lecture.  Ce que réclame entre autres cet auteur – dont je confesse qu’il est un ami et néanmoins collègue – de la part des « scientifiques », c’est qu’ils ne disqualifient pas d’emblée toute parole ou document humain qui dérogerait aux présupposés positivistes, qu’il s’agisse de références religieuses ou de rencontres avec des extra-terrestres.  Cette exigence ne rompt pas avec celle de rigueur que l’on peut attendre des chercheurs.  Elle souligne seulement que l’humanité est riche encore de problèmes qui, avant d’être résolus, méritent d’être abordés sans préjugés.


[1] BROHM, J.M., Anthropologie de l’étrange, Cassis, Editions Sulliver, 2010.

Une réaction sur “Les petits hommes verts”

  1. ch.le.noel@orange .fr dit :

    Votre commentaire est excellent et logique il pèche cependant par un manque d’infos, il y a un livre hélas épuisé qui donne une partie de la réponse à votre question sur l’évolution c’est le livre du scientifique Bernard Heuvelmans père de la cryptozoologie une science ostraisée par le politiquement corect, »l’homme de Néandertal est toujours vivant  » et le second ouvrage encore plus pointu  » La 12 ème planètte de Michael Sitchin.

Réagissez

    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.

    • Il faut

      Si, comme il l’a confié en Guyane, Nicolas Sarkozy envisage « la fin de sa carrière », et ainsi sa défaite à la Présidentielle de 2012, il sera facile de deviner ce qu’il dirait lors de ses adieux : à savoir que ce n’est pas sa faute si les français sont si allergiques aux réformes – bref, qu’ils ne le méritaient pas ! Et de conclure : « Je vous quitte, car maintenant, il faut que je me fasse de l’argent… »