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Les problèmes des vrais gens


La Belgique, déchirée entre Flamands et francophones, serre les rangs contre la burqa. Dans un rare moment d’unanimité, la Chambre des représentants a voté jeudi soir l’interdiction totale du voile islamique intégral dans l’espace public, faisant du royaume le premier Etat européen à légiférer sur le sujet

souligne vendredi Le Figaro.

Le gouvernement se ramasse sur BHV, un dossier qui finalement n’intéresse que peu de monde, même en Flandres. Dans le même temps, nos députés trouvent le temps de voter une loi sur la burqa. Mettons les choses au point. Il est opportun de s’inquiéter de pratiques d’un autre âge, comme il serait opportun de se pencher sur les messages véhiculés par la publicité ou la mode, comme il est opportun de s’indigner du sort fait aux plus démunis ou à la planète.

Mais il est peut-être plus facile de se battre sur des symboles qui ne concernent objectivement que peu de monde que de s’attaquer à des éléments fondamentaux : pauvreté, pollution, mode de vie destructeur,…

Serge Halimi, dans l’édition d’avril 2010 du Monde Diplomatique,  parlait de Burqa-bla-bla

Les Français sont vraisemblablement plus nombreux à connaître le nombre de minarets en Suisse (quatre) et de « burqas » en France (trois cent soixante-sept (1)) qu’à savoir que le Trésor public a perdu 20 milliards d’euros à la suite d’une décision « technique » de l’exécutif.

Dans une chronique récente, Henri Goldman traite du même thème

À part les associations défenderesses des droits de l’Homme dont les avis ont été souverainement ignorés (Amnesty international, Human Rights Watch, Ligue des droits de l’Homme, Mrax…), rien n’est venu troubler la belle et courageuse unanimité obtenue à si bon compte sur le dos d’une poignée de semi-cloîtrées silencieuses qui du coup le seront encore un peu plus.

Détournons les yeux des électeurs avec des symboles (dont parfois, il est vrai, ils ne se foutent pas), des réels problèmes. Qu’un arrondissement ne soit pas scindé ne contrariera que quelques excités et ceux dont le fonds de commerce est essentiellement le communautaire. L’interdiction de la burqa ne concernera que quelques femmes dont il faut certes s’inquiéter du sort, mais peut-être autrement…

Les mesures anti-crises pourraient ne pas être reconduites. Des propositions de loi intéressantes seront sans doute jetées aux paniers. Le travail des parlementaires sera à recommencer, avec toute la difficulté inhérente au parcours d’un texte de loi.

« Les vrais problèmes des gens » ont à la bouche de nombreux politiques.  Je préferais que l’on parle « des problèmes des vrais gens » parce que j’ai l’impression que certains élus ont quitté leur enveloppe charnelle.

Denis MARION

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Réagissez

    • Il faut

      Si Marine Le Pen ne réunit pas les 500 signatures nécessaires à sa candidature à la Présidentielle, tant mieux ! En 2002, Chirac avait donné des instructions pour que le père les obtienne et puisse concourir : on a vu les conséquences le 21 avril. Il faut récuser l’argument selon lequel « je suis contre vos idées, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez les défendre » : car eux, ne demandent qu’à se débarrasser de nous…

    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.