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L’histoire et Kashgar


© P. Pellizzari, Le centre de Kashgar en reconstruction, 2011


Les livres d’histoire vous racontent les grands changements de civilisation. Ils compressent le temps, changent les gouttes en vagues, les sentiments en influences.

L’histoire que je vous rapporte est celle de la vieille ville de Kashgar. A l’ouest de la Chine en Asie Centrale, Kashgar est située sur la route de la soie près du Pakistan, du Kirghizstan, du Kazakhstan et de l’Uzbekistan. Ville étape avant le franchissement des montagnes du Pamir, sa population est en majorité faite d’Ouïgours .

« Au début du 21 siècle, la Chine de Pékin dominée par les Han est en pleine expansion. Afin de ne laisser personne en arrière, elle désire consolider son pouvoir et son modèle de modernité sur tout son territoire y compris dans les régions les plus autonomes d’Asie Centrale dont la ville de Kashgar. Par autorité, une grande partie de la vieille ville, faite de maisons en terre d’un autre temps, est détruite au profit de blocs de bâtiments neufs. Le marché aux animaux datant de la route de la soie, est déplacé du centre de la ville en périphérie et remplacé par un parc (2010). Les Ouïgours protestent, des manifestations éclatent, Pékin envoie une délégation sur place et, après de longues tractations, il est décidé que le centre ville (200 000 habitants) sera préservé. Malheureusement, deux ans plus tard, au Sichuan, un tremblement de terre fait 90 000 morts et le gouvernement central décide que les maisons de Kashgar, trop dangereuses, devront être détruites. De nouvelles négociations commencent et finalement l’on décide de détruire les maisons du centre et de les reconstruire à l’identique mais en pierre. Les prix de l’immobilier et des petits commerces flambent. Les Ouïgours commencent à vendre leurs maisons au profit de commerçants hans plus riches et mieux organisés. Une page se tourne. »

C’est ainsi peut-être que sera écrite l’histoire du centre de Kashgar et que quelques photographies sans grande valeur prendront leur place comme témoins du changement.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…