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Lire dans les pensées de 500.000 Chinois


Shanghai 2010, © P. Pellizzari


La semaine passée, je visitais l’exposition Universelle de Shanghai. Entre 300 et 500.000 Chinois la visitent quotidiennement, très peu d’étrangers. Ce ne sont pas les intellectuels chinois, mais une classe modeste ou moyenne qui entreprend le voyage. Ils arrivent en bus le matin pour repartir un ou deux jours plus tard. Ils passent naturellement au pavillon chinois où ils voient un film sur la grandeur de leur histoire, la beauté du pays et la solidarité de leur peuple. Ensuite, ils visitent d’autres pavillons, et c’est là que cela devient intéressant. Pour beaucoup d’entre eux, tout est nouveau car le monde s’est ouvert il y a moins de dix ans.

Que se passe-t-il dans leur tête quand ils passent devant L’Angélus de Millet, dans le pavillon organique anglais ou quand ils découvrent l’orchestre accroché aux murs du pavillon italien?

Je n’ai pas la réponse et pourtant cette question me turlupine car elle est importante. Mieux y répondre me semble primordial pour connaître la valeur que l’on peut apporter grâce à notre culture. Le vieux continent ne pourra pas être QUE le musée du monde; il faut transformer l’essai, faire avancer les choses, proposer des alternatives progressistes, connaître nos points forts. Et s’ils avaient aussi soif de jazz, de BD, d’expositions, de folklore, de livres, de spectacles, de films, bref de notre bio-diversité ?

Shanghai 2010, © P. Pellizzari


Shanghai 2010, © P. Pellizzari

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…