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L’urgence et la dette


C’est un constat cynique et un paradoxe criminel mais si on va au bout de la logique des rapports Nord/Sud et plus largement du capitalisme mondial, on pourrait aboutir à la conclusion que la totalité de l’aide d’urgence accordée à Haïti pourrait infine servir à payer la dette du pays à l’égard d’organismes internationaux comme le FMI ou la Banque Mondiale. Bien sûr il n’y a pas d’automatisme en la matière et les circuits sont plus complexes. Mais de fait, la situation est bien celle-là si l’on reste dans la logique du fonctionnement actuel. Et c’est bien pourquoi des voix s’élèvent aujourd’hui pour demander l’annulation de la dette d’Haïti. Le comité pour l’annulation de la dette du tiers monde ou le CNCD-11.11.11 se sont exprimés en ce sens. Bien évidemment l’aide d’urgence est nécessaire mais la mobilisation actuelle des citoyens comme des Etats ou des organismes internationaux doit s’accompagner d’une politique de reconstruction et de développement qui tienne compte des besoins de la population et plus seulement des politiques restrictives des organismes financiers mondiaux. Il faut rappeler ici que la dette haïtienne a une histoire, qu’elle a la fois le fruit de l’ancienne domination coloniale et néocoloniale mais aussi d’une dictature sanglante qui pendant 30 ans a confisqué à son profit toutes les richesses du pays et cela avec la bénédiction de l’Occident. Et qu’ensuite la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement qui détiennent avec le FMI l’essentiel de la dette extérieure haïtienne ont imposé ce qu’elles appellent des politiques d’ajustement structurel qui non seulement ont détruit l’économie locale, agricole notamment, mais ont fait faillite partout ailleurs depuis plusieurs décennies, enfonçant un peu plus les pays du tiers monde dans le sous-développement et l’hyper pauvreté. Le drame humanitaire que vit Haïti est sans précédent. Si l’émotion et la mobilisation qu’il suscite ne s’accompagnent de mesures radicales sur le long terme, le calvaire du peuple haïtien sera simplement prolongé. De nombreuses instances et personnalités qualifiées se sont déjà prononcées pour une mesure de ce type : l’annulation totale et inconditionnelle de sa dette est la seule véritable chance d’avenir pour Haïti. Et ce serait aussi le signe d’un autre mode de développement

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    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…