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Magnifiques leçons de vie


Socrate Jésus Bouddha, Frédéric Lenoir, Editions Audiolib, 5h, 19 €. Lu par Laurent Jacquet.

L’historien des religions Frédéric Lenoir, également directeur du Monde des Religions et romancier, a récemment consacré un ouvrage limpide et passionnant à Socrate, Jésus, Bouddha, aujourd’hui mis en voix par Laurent Jacquet dans un album de la collection Audiolib. «Qui sont-ils?» et «Que nous disent-ils?» sont les deux vastes questions auxquelles il répond avec une rare intelligence.
Il n’existe aucune preuve définitive de l’existence historique de ces trois hommes qui ont vécu il y a de deux mille à deux mille cinq cents ans sous des latitudes très différentes. Une absence de trace tout à fait logique car seuls en ont laissées des personnages qui ont eu une influence déterminante sur leur époque, les hommes d’Etat et les leaders guerriers notamment. Or la leur a été assez limitée en leur temps. Leur existence est prouvée par l’absurde: par leur succès auprès de leurs disciples qui ont écrit sur eux, leur ont consacré leur vie. Grâce à cette postérité, nous sommes sûrs qu’à un moment donné des hommes ont créé un événement majeur qui a bouleversé des gens.

Dans son livre, Lenoir explique que Socrate s’appuie avant tout sur la raison, le maniement des idées, le Bouddha sur l’expérience intérieure, la méditation, et Jésus sur la foi. L’un privilégie la justice, l’autre la compassion, le troisième l’amour.

Tous trois enseignent «le renoncement aux illusions de ce monde» comme chemin vers la connaissance de la vérité et vers la liberté. Mais si Socrate et Bouddha proposent une voie, Jésus «est» la voie. Pour les deux premiers, ce n’est pas leur personne qui est indispensable mais leur message. Pour Jésus, en revanche, le chemin spirituel passe par lui.

Peu importe qu’on soit croyant ou pas, qu’on connaisse ou non dans le détail Bouddha ou Socrate, ce texte est plus globalement une formidable réflexion sur l’existence. Qui invite à réfléchir sur soi et sur ses valeurs. A l’écoute, il ne perd rien de sa force.

14_PARTIE_II_CHAPITRE_13_SOCRATE_JESUS_BOUDDHAEcoutez un extrait

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…