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Maman, papa


J-7 pour HP7-1 (vous suivez ?). En attendant, voici d’autres films qui pourraient remplir vos soirées moroses. Pour les parents, le nouveau François Ozon (Potiche) sort aujourd’hui. Pour les enfants, il y a toujours le film d’animation sur le superméchant qui découvre que, finalement, il n’est pas si méchant que ça : Moi, Moche et Méchant.

Potiche, de François Ozon

En 1977, dans une province de la bourgeoisie française, Suzanne Pujol est l’épouse popote et soumise d’un riche industriel Robert Pujol. Il dirige son usine de parapluies d’une main de fer et s’avère aussi désagréable et despote avec ses ouvriers qu’avec ses enfants et sa femme, qu’il prend pour une potiche. À la suite d’une grève et d’une séquestration de son mari, Suzanne se retrouve à la direction de l’usine et se révèle à la surprise générale une femme de tête et d’action. Mais lorsque Robert rentre d’une cure de repos en pleine forme, tout se complique… (cineart.be)

François Ozon est un cinéaste prolifique qui aime alterner les genres. Après plusieurs films sortis dans l’indifférence générale (Angel, Ricky, Le Refuge), Ozon renouera sans doute avec le succès – espérons-le – en revenant à la comédie. Dernière en date : 8 Femmes. Comme ce dernier, Potiche est adapté d’une pièce de théâtre (avec Jacqueline Maillan) et réunit un casting cinq étoiles.

Potiche saute à deux pieds joints dans un univers seventies kitsch à souhait : des décors à la bande son, des costumes aux coiffures, en passant par la typographie du générique… Chaque détail nous ramène 30 ans en arrière. Dans ce décorum nostalgique, tous les comédiens développent leur sens de la comédie boulevardière, façon « Au théâtre ce soir ». Un choix totalement assumé, et souvent jubilatoire. Catherine Deneuve et Gérard Depardieu, les deux monstres sacrés, prouvent que leur alchimie n’a pas pris une ride. Si Karin Viard est épatante (comme toujours, me direz-vous), c’est Fabrice Luchini qui décroche la palme du rire. Dans la peau de cet ignoble patron bourgeois imbu de sa personne, il est irrésistible. Jérémie Renier et Judith Godrèche sont plus en retrait mais s’en sortent bien.

Si en apparence on baigne beaucoup dans la comédie légère et gentille, le sous-texte politique (sur l’émancipation des femmes, notamment) parvient à se faire entendre, voire à émouvoir par moments. La scène finale, en chanson, fige pour de bon le sourire qu’on avait aux lèvres.

Moi, Moche et Méchant (Despicable Me), de Pierre Coffin et Chris Renaud

Dans un charmant quartier résidentiel délimité par des clôtures de bois blanc et orné de rosiers fleurissants se dresse une bâtisse noire entourée d’une pelouse en friche. Cette façade sinistre cache un secret : Gru, un méchant vilain, entouré d’une myriade de sous-fifres et qui, à l’insu du voisinage, complote le plus gros casse de tous les temps : voler la lune. Mais le plus grand vilain de tous les temps se retrouve confronté à une plus dure épreuve : trois petites orphelines prénommées Margo, Edith et Agnès, qui voient en lui quelqu’un de tout à fait différent : un papa. (allocine.fr)

Malgré les bons échos de la presse, ce film d’animation est une relative déception. Principal coupable : le scénario. Prévisible, sans vraie surprise. Sur des rails. On le comprend très vite : Gru n’est pas si méchant. Et s’il est méchant, c’est parce qu’il a manqué d’amour maternel, comme nous l’expliquent les flash-backs. La direction musicale laisse à désirer, et l’ensemble manque d’un vrai souffle. La 3D, sympathique, n’y fait rien. Cela dit, cela se laisse regarder sans déplaisir. Certains personnages (dont le scientifique, complètement barré) sont bien tapés, les gamines sont à croquer, forcément, et le film comporte assez d’idées délirantes et de gags tordants pour ne pas voir passer le temps.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…