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Masques (1)


© Ph. Joannès

Je dois vous dire quelque chose : le masque est un objet qui me fascine, et cela tient à ce qu’une fois posé sur un visage, il n’est plus objet mais début de mystère. Pour moi, le masque c’est Venise. Au Carnaval, on y rencontre, même dans les ruelles les plus reculées, des fantômes masqués. Ils me parlent du temps, comme les briques effritées, comme l’eau qui ronge les pierres, comme les pieux pourris par la mer, comme le fer forgé rouillé. Les masques circulent. Les plus simples sont les plus beaux. Ils vous disent : « Je vous vois, mais vous, connaissez-vous mes intentions ? Je me cache et vous devez m’imaginer. Je ne parle pas, car vous en sauriez déjà trop. Mes iris, dans la pénombre des yeux noirs du masque, vous interpellent, mais ne vous disent pas si je souris ou esquisse un froncement des paupières à cause du soleil bas ou d’un caillou dans ma chaussure. »

Il n’y a pas de musique dans la ruelle, et pourtant je l’entends. Les masques font la fête ou s’y rendent. Mais ils ne veulent pas qu’on le sache. Car il est riche et on le croit bien occupé. Car elle est belle, mais ne veut pas être importunée. Elle ne parlera qu’à cet autre masque, car ils se sont reconnus, ils ont leur code et je ne l’ai pas, et cela me fascine. J’ai envie, ou pas, de les arracher, de voir ces visages, lire ces expressions, mais le charme serait rompu. Les choses seraient plus claires, mais le souffle du mystère se tairait à jamais…

Réagissez

    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.

    • Il faut

      Si, comme il l’a confié en Guyane, Nicolas Sarkozy envisage « la fin de sa carrière », et ainsi sa défaite à la Présidentielle de 2012, il sera facile de deviner ce qu’il dirait lors de ses adieux : à savoir que ce n’est pas sa faute si les français sont si allergiques aux réformes – bref, qu’ils ne le méritaient pas ! Et de conclure : « Je vous quitte, car maintenant, il faut que je me fasse de l’argent… »