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Mille et une nuits d’amour


Chamsa, fille du soleil, Malika Madi, Paris : Editions du Cygne, 2010. 187 p. 16 €

À l’heure où l’Islam est de plus en plus confondu avec l’obscurantisme et le fanatisme, est bienvenu tout ce qui permet de rappeler, avec talent, qu’il est aussi le creuset d’une culture remarquable dont la sensualité et la liberté sont des composantes majeures. Ce faisant, l’idée n’est pas de verser dans le militantisme ni l’idéalisme béat.

C’est à ce pari difficile que s’est attelée Malika Madi. Dans ses romans précédents, elle a toujours cherché à présenter sa culture originelle en dehors des clichés. “Nuit d’encre pour Farah” ou “Les silences de Médéa”, cependant, plongeaient dans les difficultés que peuvent rencontrer les femmes pour accéder à la liberté et à l’indépendance. À la justice, tout simplement.

Avec Chamsa, Madi tourne une page; son héroïne est une jeune femme, au départ sans éducation, habitée par une sensualité débordante qui semble venue toute droite des Mille et une nuits. Petit à petit, elle fera l’apprentissage de l’amour et de ses jeux, mais pas seulement; elle partira aussi à la conquête de l’indépendance, du savoir et d’une forme de pouvoir qui lui permettra de contribuer à l’émancipation des femmes, dans l’Islam en particulier.

Un roman entre fable et réalisme, imprégné d’érotisme et de plaisirs – pas seulement sexuels –, qui surprendra sans doute par son audace et son culot.

Une réaction sur “Mille et une nuits d’amour”

  1. Un commentaire qui, en quelques lignes, nous ouvre le livre de Malika MAdi et nous donne l’envie de le lire; à l’heure où les communautés s’entrechoquent, gravons dans l’écriture et taguons dans nos esprit l’espoir de la naissance d’un monde plus compréhensif !
    Carine-Laure Desguin

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…