Facebook

Mon Goncourt, le retour


Retour à Killybegs, Sorj Chalandon, Paris : Grasset, 2011. 334 p. 19 €

En 2006, j’avais attribué “mon” Goncourt à “Une promesse” de Chalandon. Je réitère cette année, avec ce nouveau roman ! Dans “Retour à Killybegs”, Chalandon nous offre ce qui est le fondement même de la littérature : reprenant les éléments qui ont nourri un de ses précédents romans, “Mon traître”, mais en prenant cette fois le point de vue du traître, il révèle combien la vérité n’est jamais qu’affaire de point de vue et de narration.
Au cœur de l’histoire terrible de l’Irlande, dont l’actualité nous prouve qu’elle est toujours sensible, il construit un récit où la splendeur du style contribue à rendre universellement humains les caractères et touchante cette lutte pour la reconnaissance d’une identité et d’une culture. Plus encore, au-delà du combat nationaliste, il met le doigt sur la plaie : construire la paix est bien plus difficile que mener la guerre, et tellement plus crucial.
Et si le jury du Goncourt ne m’écoute pas, tant pis pour lui !

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…