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Nos proches si lointains


fontanel_homme_ptL’homme barbelé, Béatrice Fontanel, Paris : Grasset, 2009. 294 p. 18 €

Comment écrire un roman sur un homme aussi antipathique, aussi dur envers les siens que ce Ferdinand, héros en 14-18 et mort à Mauthausen en 1944 ? Mission apparemment impossible à laquelle s’attelle pourtant la narratrice, à travers une enquête méticuleuse auprès des enfants de Ferdinand – enfants devenus vieillards –, et sur les lieux des guerres menées par ce disparu toujours si lourdement présent, ce “monstre familier” qu’il faudrait comprendre à défaut de pouvoir l’aimer. Un homme prêt à tout pour ses camarades, pour des inconnus ; prêt à rien, sinon la haine, pour sa famille. Un fou de guerre que les combats et les ensevelissements de copains morts ont vidé de son âme. Ferdinand, plus fidèle aux morts qu’aux vivants.
“L’homme barbelé” est de ces premiers romans magistraux dont on devine qu’ils ont mûri une vie durant. Il est aussi une superbe justice rendue, par la grâce du style et de la mémoire, à une tribu percluse par l’oppressant silence de ses fantômes insoumis.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…