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Nouvelle année, année resucée.


Amour, bonheur, pognon… Ainsi présentait ses vœux un animateur d’une chaine télévisée commerciale.
La nouvelle année est là.
Penser à dépenser ce que vous (n’) avez (pas).
Filez faires les soldes, ce ne sera que du bonheur. Vous ne savez pas pourquoi vous achetez ceci ou cela, mais ce sera au moins avec une bonne réduction.
Filez acheter  dans les agences de voyages les vacances de vos rêves pour pépère, bobonne et les lardons.
Gagnez un concours dont le premier prix est un apprentissage de la conduite sur glace, en Finlande, avion et hôtel compris.
Participez à la tombola d’un club de consommateurs dont les prix sont des bagnoles.
Regardez un Paris-Dakar qui se déroule dans la pampa argentine. Excellent pour la géographie. S’il vous faut une excuse, utilisez celle du Tour de France « Je ne regarde pas la course. C’est pour les paysages. ».
Enthousiasmez-vous pour « Justine ou les Bonheurs du retour ».
Frissonnez avec l’histoire d’un attentat manqué.
Indignez-vous du « tir sur footballeurs » et des ratonnades italiennes.
Acceptez la hausse du déficit de l’état pour autant qu’entre autres baisse la TVA pour les restaurateurs. Cela ne donnera rien, mais cela fait du bien à l’électorat concerné.
Comprenez aussi que les « artistes » puissent toucher une taxe sur les supports digitaux pour compenser leur manque à gagner. (1)
Ayez une pensée émue pour les SDF. Cela ne mange pas de pain.
Ne vous inquiétez pour votre pension. Le fonds de vieillissement ne servira à rien, mais il vous restera un peu d’énergie pour travailler plus longtemps. (2)
Changez votre vieux bac pourri pour une Lèche…us… hybride. Si peu de CO²… pour le prix d’un petit appartement à Charleroi.
Courez au Palais des cotillons, des jolies hôtesses et de la voiture pour changer votre carrosse de Cendrillon.
Le monde tourne bien huilé, une routine entre peurs et consommation, effroi et plaisir de la dépense, compassion, indignation passagère et frustration, entre pains et jeux.
Elle est déjà oubliée la petite sirène danoise. Elle reviendra sans doute dans l’actualité quand la neige sera fondue. Pourquoi parler de réchauffement quand il fait un froid de canard ? Et nous attendrons le printemps pour parler de 2010, année de la biodiversité.
Pas de grands changements à l’horizon donc.
Denis MARION.

1) TVA : Les restaurateurs bénéficient donc d’une amélioration de leurs revenus, sans obligation, en espérant seulement qu’ils soient suffisamment civiques pour déclarer plus de personnel (ou plus de revenus).
Taxe : Auvibel, la société de gestion pour la copie privée d’œuvres sonores et audiovisuelles, tenait à l’extension de cette taxe sur les systèmes digitaux, vu la baisse des revenus issus des anciens supports tels que les CD et les cassettes. Personnellement, je n’ai sur ce genre de support que des photos et des dossiers pour mes associations.

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Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…